Dernière lettre de Charlotte Corday à son père

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Charlotte Corday large

Le peuple se réjouira d’être délivré d’un tyran.

Depuis son cachot de la Conciergerie, Charlotte Corday – la célèbre meurtrière de Jean-Paul Marat – n’est pas dupe du sort qui lui est réservé. Elle adresse un mot d’adieu à son père. Le lendemain, 17 juillet 1793, elle est guillotinée en place publique.

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[16 juillet 1793]

Pardonnez-moi, mon cher papa, d’avoir disposé de mon existence sans votre permission. J’ai vengé bien d’innocentes victimes, j’ai prévenu bien d’autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d’être délivré d’un tyran. Si j’ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c’est que j’espérais garder l’incognito, mais j’en ai reconnu l’impossibilité. J’espère que vous ne serez point tourmenté. En tout cas, je crois que vous auriez des défenseurs à Caen. J’ai pris pour défenseur Gustave Doulcet : un tel attentat ne permet nulle défense, c’est pour la forme. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m’oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle. J’embrasse ma sœur que j’aime de tout mon cœur, ainsi que tous mes parents. N’oubliez pas ce vers de Corneille :

Le Crime fait la honte, et non pas l’échafaud !

C’est demain à huit heures, qu’on me juge. Ce 16 juillet.

( http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Corday ) - (Source image : Charlotte Corday, lithographie du XIX° siècle, par Delpech et Grevedon (détail) © Wikimedia Commons)
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