Lettre d’Allen Ginsberg au Président Clinton

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Je suis atteint d'un cancer inopérable et n'ai plus que deux à cinq mois à vivre.

La poésie d’Allen Ginsberg (3 juin 1926 – 5 avril 1997) s’est abattue sur l’Amérique des années 1950 comme un coup de massue : d’une modernité électrique, il a su mieux que personne peindre son époque en inventant pour elle une nouvelle façon d’écrire, construite sur le souffle, l’automatisme et la transe. Charismatique et libertaire, il est, aux côtés de Jack Kerouac, William Burroughs, Gregory Corso et Neal Cassady, une figure centrale de la Beat Generation. Cette lettre est la dernière qu’écrivit Allen Ginsberg : le poète est mort chez lui peu après, le 5 avril 1997.

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1er avril 1997

Cher Président Clinton,

Ci-joint quelques poèmes récents sur la politique.

Je suis atteint d’un cancer inopérable et n’ai plus que deux à cinq mois à vivre.

Si vous avez un quelconque prix ou une quelconque médaille à décerner pour avoir travailler dans l’art ou dans la poésie, s’il vous plaît,  envoyez en moi une, à moins que ce ne soit pas politiquement correct ou encore inopportun. Je ne souhaite pas vous apitoyer afin que vous me l’accordiez. Peut-être que cela viendra naturellement, ou pas, à l’esprit de [Newt] Gingrich. Mais ne prenez pas de risques, vous en prenez déjà suffisamment.

Meilleurs vœux et bonne chance à vous, Mme Hillary et votre fille.

[…]

Allen Ginsberg.

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( The Letters of Allen Ginsberg, edited by Bill Morgan, Da Capo Press, 2008 ) - (Source image : Wikimedia Commons )
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