Lettre d’André Breton à Aragon

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Mon Dieu, donnez Mallarmé aux provinciaux.

En 1918, Aragon était ami avec André Breton ; il écrivait à son mentor depuis le champ de bataille. Quant à Breton, il n’était plus brancardier sur le front. Les deux poètes s’étaient rencontrés à la fin de septembre 1917, au Val- de-Grâce. Ils avaient en commun la révolte et le refus que la poésie ne soit que littérature. Le surréalisme était sans doute en gestation. Ils passaient leurs nuits de garde à se réciter des passages de Maldoror au milieu des « hurlements et des sanglots de terreur déclenchés par les alertes aériennes chez les malades » .
Il leur faudrait une quinzaine d’années pour se fâcher et pour que leur amitié se brise. Mais leur correspondance est restée un feu d’artifice. Les lettres d’Aragon à Breton ont été publiées. Les réponses d’André Breton, sont plus rares, mais la lettre du 6 juin 1918 a été immortalisée grâce à la Fondation La Poste dans le recueil Autographes timbrés.

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Jeudi 6 juin 1918

Merci pour la très belle ballade de Claudel — Ô solution — Ne penses-tu pas que Rimbaud soit tout, excepté Paris. Mon Dieu, donnez Mallarmé aux provinciaux. « Amandine, envers vous, ou Jeanne, Combien je me sens endetté qu’aucun de mes vers n’enrubanne « L’0uvreuse du Cirque d’Été » ! (rien que cela.)

Tout de même pour moi qu’il est émouvant de considé­rer, dans le sens rimbaldien, Claudel à cinquante ans.

A. B.

écriture breton laposte

L’écriture d’André Breton

Autographes timbrés couvOuvrage publié par la Fondation La Poste

( (collectif) Autographes Timbrés, Fondation La Poste, 1999. )
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