Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel

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claudel

Je réclame la liberté à grands cris.

En 1927, Camille Claudel (8 décembre 1864 – 19 octobre 1943) est internée dans l’asile de Montdevergues depuis 13 ans. Paranoïaque, elle s’imagine victime d’un complot, principalement de la part de son ancien amant, le célèbre sculpteur Auguste Rodin. Dans cette lettre à son frère, l’écrivain Paul Claudel, né ce même jour en 1868, quasiment le seul qui viendra lui rendre visite, elle raconte son quotidien et ses préoccupations dans cet exil psychiatrique.

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3 mars 1927

Mon cher Paul,

J’ai eu de tes nouvelles dernièrement indirectement, j’ai appris que tu avais envoyé une certaine somme d’argent à Monsieur le Directeur pour améliorer mon sort dans la mesure du possible. Tu as bien fait d’avoir confiance en mr. le Directeur car c’est un homme qui a une grande réputation d’honnêteté et en même temps il a une grande bienveillance à mon égard. Tu peux être sûr que dans tous les cas il fera tout ce qu’il pourra pour moi et toi-même je suis sûre que ton intention est de me soulager, tu fais de bien gros sacrifices pour moi ce qui est d’autant plus méritoire de ta part que tu as des charges extraordinaires de tous les côtés. Cinq enfants et que de frais, que de voyages, que d’hôtels à payer.

Je me suis demandé souvent comment tu peux en venir à bout. Il faut que tu aies la tête solide pour gouverner les choses avec tant d’intelligence et d’en venir à bout, de triompher de toutes les difficultés ! Ce n’est pas moi qui serais capable d’une chose pareille !
Ton intention est bonne et aussi celle de mons. le Directeur mais dans une maison de fous les choses sont bien difficiles à obtenir, les changements sont bien difficiles à faire ; même si on le veut, il est bien difficile de créer un état de choses supportables. Il y a des règlements établis, il y a une manière de vivre adoptée, pour aller contre les usages, c’est extrêmement difficile ! Il s’agit de tenir en respect toutes sortes de créatures énervées, violentes, criardes, menaçantes, il faut pour cela un ordre très sévère, même dur à l’occasion autrement on n’en viendrait pas à bout. Tout cela crie, chante, gueule à tue-tête du matin au soir et du soir au matin. Ce sont des créatures que leurs parents ne peuvent pas supporter tellement elles sont désagréables et nuisibles. Et comment se fait-il que moi, je sois forcée de les supporter ? Sans compter les ennuis qui résultent d’une telle promiscuité. Ca rit, ça pleurniche, ça raconte des histoires à n’en plus finir avec des détails qui se perdent les uns dans les autres ! que c’est ennuyeux d’être au milieu de tout cela, je donnerai 100 000 si je les avais pour en sortir de suite. Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu : après 14 ans aujourd’hui d’une vie pareille je réclame la liberté à grands cris. Mon rêve serait de regagner tout de suite Villeneuve et de ne plus en bouger, j’aimerais mieux une grange à Villeneuve qu’une place de 1ère pensionnaire ici. Les premières ne sont pas mieux que les 3èmes c’est exactement la même chose surtout pour moi qui ne vis que de mon régime ; il est donc inutile d’augmenter les frais à ce point. L’argent que tu as envoyé pourrait servir à payer la 3ème classe.
Ce n’est pas sans regret que je te vois dépenser ton argent dans une maison d’aliénés. De l’argent qui pourrait m’être si utile pour faire de belles œuvres et vivre agréablement ! quel malheur ! J’en pleurerais. Arrange-toi avec mr. le Directeur pour me remettre de 3ème classe ou alors retires-moi tout de suite d’ici, ce qui serait beaucoup mieux ; quel bonheur si je pouvais me retrouver à Villeneuve ! Ce joli Villeneuve qui n’a rien de pareil sur la terre !

Il y aujourd’hui 14 ans que j’eus la désagréable surprise de voir entrer dans mon atelier deux sbires armés de toutes pièces, casqués, bottés, menaçants en tous points. Triste surprise pour un artiste : au lieu d’une récompense, voilà ce qui m’est arrivé ! c’est à moi qu’il arrive des choses pareilles car j’ai toujours été en but à la méchanceté. Dieu ! ce que j’ai supporté depuis ce jour-là ! Et pas d’espoir que cela finisse. Chaque fois que j’écris à maman de me reprendre à Villeneuve, elle me répond que sa maison est en train de fondre c’est curieux à tous les points de vue. Cependant j’ai hâte de quitter cet endroit ; Plus ça va, plus c’est dur ! Il arrive tout le temps de nouvelles pensionnaires, on est les unes sur les autres, foussi comme on dit à Villeneuve, c’est à croire que tout le monde devient fou. Je ne sais pas si tu as l’intention de me laisser là mais c’est bien cruel pour moi ! On me dit que tu vas revenir pour le mariage de ta fille le 20 Avril. Il est fort probable que tu n’auras pas le temps de t’occuper de moi ; on s’arrangera pour t’envoyer encore à l’étranger faire des conférences. On saura t’éloigner de Paris et de moi surtout, j’ai bien peu de chance de vous toucher. Le départ d’ici est la seule chose que je souhaite, aucune modification ne peut me rendre heureuse ici ; il n’y a rien de bien de possible. Nous avons eu un hiver terrible : du mistral sans arrêter pendant six mois, l’océan glacial arctique n’est rien à côté de ça !

Dire qu’on est si bien à Paris et qu’il faut y renoncer pour des lubies que vous avez dans la tête.

J’ai entendu dire que Reine avait été très malade et qu’elle avait subi une opération très douloureuse. Espérons qu’elle va mieux à présent. Il parait que Louise aussi a été bien malade, tout cela me fait trembler. Surtout s’il arrive quelque malheur, ne m’abandonne pas ici toute seule et ne fais rien sans me consulter. Etant donné que je connais les mœurs de l’établissement c’est moi qui sait ce qu’il me faut.

Heureusement que j’ai la protection du docteur Charpenel et celle de mons. le Directeur, je te remercie de t’adresser à eux.
Ne prends pas ma lettre en mauvaise part.

Si tu n’as pas l’intention de venir me voir, tu devrais décider maman à faire le voyage, je serais bien heureuse de la voir encore une fois. En prenant le rapide, ce n’est pas si fatigant qu’on le dit, elle pourrait bien faire cela pour moi malgré son grand âge.

Là-dessus je te quitte en t’embrassant ainsi que ta fille Gigette qui je crois est encore avec toi.
Ta femme n’a pas voulu me voir ni les autres. Je n’espère plus les revoir.

Ta sœur Camille.

claudelcouv

( Camille Claudel, Correspondance, Ed. Gallimard, 2008 ) - (Source image : Camille Claudel (Fère-en-Tardenois (Aisne), le 8 décembre 1864 - Villeneuve-lès-Avignon, le 19 octobre 1943) était une sculptrice française. Sur cette photo, elle est âgée de 20 ans. © Wikimedia Commons)
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43 commentaires

  1. Khadija

    Cette lettre est d’une grande lucidité pour une aliénée mentale. C’est dommage que son frère n’ait pas pu la prendre à Villeneuve et l’a laissée mourir dans cet asile.

    • MarieJo Raffarin

      Son frangin était un arriviste, doublé d’un égocentriste me semble-t-il…. Qui plus est, à cette époque, quelle était la place d’une femme ( Bien que d’une famille aisée ) dans l’expression de l’Art sous toutes ses formes ?…… Pas étonnant qu’un vieillard Auguste Rodin, dont elle était tout de même amoureuse mais qui « jouait sur les deux tableaux », ait profité d’elle !!!…….. Aujourd’hui, la famille Claudel et Mr Rodin se retrouveraient au banc des accusés pour harcèlement moral, et plus… Mais à l’époque, bien sûr !!!…….

  2. MILLOT-CONTE Christine

    Une lettre où l’on ressent bien toute la douleur et la souffrance de Camille et où l’on voit le fonctionnement des asiles au XIXe avec leur système de classe ! Terrifiant ! Le désarroi est omniprésent, une lettre émouvante et qui fait froid dans le dos!

    • Mylène Wermeister

      oui quelle lettre touchante et troublante!!
      Camille tu as été une grande dame et une merveilleuse artiste!! tu restes présente dans nos coeurs!!
      Comment peut-on être placée et abandonnée dans cet « asile » sans pouvoir continuer à créer?
      respect à toi Camille

  3. Maryvonne

    Quelle fin de vie misérable a connue cette artiste de grand talent ! Que de souffrances endurées… Sa lettre m’a impressionnée et émue au possible. Ses appels à un retour à Villeneuve sont déchirants, comment son frère a-t-il pu ne pas y être sensible ?

  4. Dumont

    Et dire que les gens de nos jours se disent en crise et malheureux de leurs sort….
    On enfermait les gens sur une demande d’un proche ou par des medecins incapables…
    Cette jeune femme talentueuse,intelligente et sensible fut détruite par ses contemporains incultes et jaloux…

  5. Pillot

    Les hôpitaux psy ont tout de même changé mais le diagnostic que l’on fait sur les patients est encore bien hasardeux. Il en résulte de graves méprises.

  6. lucie

    Comment se fait-il qu’un homme tel que Paul Claudel si croyant et pratiquant et que j’admire intellectuel du reste, ait pu laisser sa soeur croupir jusqu’à en perdre la raison?

  7. Hervy

    Camille Claudel, 30 de création, 30 ans d’asile.
     » De l’argent qui pourrait m’être si utile pour faire de belles œuvres  »
    Une artiste méconnue à son époque et qui ne demandait qu’à continuer de sculpter.
    Un sentiment de gâchis. Comment a ton pu la laisser croupir toutes ses années dans un asile ?

  8. Percival Morgan

    Cette supplique fait ressortir l’orgueil et l’attitude bien pensante d’un lettré bondieusard, carriériste, d’une hypocrisie incroyable envers une sœur qu’il considérait comme une pécheresse détraquée qu’il fallait dissimuler à ses relations. « Il lui sera beaucoup pardonné », a dit le Christ, mais tout le monde n’est pas Jésus…

  9. Sabrina

    Quelle lettre formidablement lucide pour une personne jugée car femme talentueuse comme paranoïaque.
    On l’a même accusée de copier Rodin quand ils se sont séparés à l’époque … Rodin avait peut-être du talent mais quel être vil et sans scrupules qui n’hésitait pas à s’accaparer certaines idées de ses « apprentis », elle, devait l’avoir certainement découvert On ressent la grande détresse de Camille Claudel dans cette lettre et le rôle de victime que l’on lui a fait endosser et on ne trouve jamais le nom de Rodin dans cette lettre mais une incroyable bienveillance vis à vis d’un frère qui n’a pas cherché d’autres solution que l’internement de sa soeur, artiste géniale, afin de ne pas entacher sa carrière prometteuse politico-écrivaine. Je me suis souvent posée la question pourquoi au lieu de l’internement il n’avait pas essayé de l’envoyer « au vert » et surtout si aujourd’hui, la médecine aurait émis le même diagnostic …

  10. Durussel André

    Oui, comme tout cela est tragique et infiniment triste pour cette pauvre Camille, dont l’intelligence et la sensibilité se lisent dans son regard…
    Mais ne tirons pas trop sur son frère Paul… Mon grand-père maternel suisse avait aussi une sœur « pécheresse » prénommée Rose, (1900-1992) qui a été évacuée par lui à  » La Maison du Bon Pasteur », à Strasbourg, un établissement disciplinaire tenu par des soeurs catholiques, où elle a passé toute sa vie à la buanderie, dans les sous-sols…La pression sociale et l’honneur de la famille étaient des critères décisifs. Ainsi pour Paul Claudel, avec sa foi chrétienne et le prestige dont jouissait ses écrits.

  11. Yosri Bouassida

    Je suis fan absolu de Camille. Le soir quand j’ai vu le film avec époustouflante performance de Mme Isabelle Adjani, je n’ai pas pu dormir. Femme et Homme sont différents mais égaux et quand on est artiste seul le talent prime.

    • hombredelfuego@hotmail.fr

      Je suis en train d’écrire une pièce de théâtre sur Camille Claudel , j’aimerai avoir des précisions sur le personnage qui était son frère ? merci beaucoup car j’en recherche .
      Cordialement . Mô

  12. Boivin

    Elle a quelque chose de triste voir résignée, malgré ses demandes à son frère, ça me donne l’impression qu’elle sait, qu’elle y restera. Tous ces détails à son frères sont vains, et elle crie en silence son désespoir. Quelle souffrance pour cette femme qui écrivait si bien, avec des mots justes, et sans aucune méchanceté. Son écrit est poignant, comment un frère n’a t-il pu avec de l’amour fraternel, demander la sortie de sa soeur. A chaque ligne, je ressens sa souffrance. Quelle triste vie, et fin de vie pour une personne aussi sensée qu’elle. On ne peut que se rapprocher d’elle dans son récit, et espérer jusqu’à la fin que son frère revienne la chercher…

  13. Françoise Matiron

    J’ai lu plusieurs biographies de cette admirable Camille Claudel; elle a eu le grand malheur de naître à une époque où les femmes « normales » devaient se préparer à devenir des épouses modèles en apprenant à cuisiner, broder, jouer d’un instrument de musique mais oh! non surtout pas de manipuer dès l’âge de 13 ans de la glaise qu’elle allait chercher la nuit afin de pouvoir réaliser et se réaliser en confectionnant de petites statues. Pis encore devenir la maîtresse d’un homme qui vivait avec une femme dont il avait un fils! Les évenements ont fait que la pauvre femme, déçue par Rodin (qui l’a peut-être copiée?) ou se sont ils mutuellement inspirés? a finit par perdre un peu la tête mais
    ne méritait surtout pas d’être enfermée pendant 29 ans dans un asile d’aliénés (la psychiatrie du 19ème n’était pas des plus respecueuses de l’être humain souffrant. Pour une une femme qui vit depuis 13 ans elle pense, s’exprime, écrit comme bien des gens dits normaux ne sont pas en mesure de le faire! Les précurseurs de tous temps ont payé très cher de leur propre personne… Son frère Paul a fait ce quîl était en mesure de donner puisqu’il était le seul de la famille à lui rendre visite.

    • MarieJo Raffarin

      He bien oui, Françoise Matiron…..
      Il fut un temps, pas si lointain, où dès que les femmes ont eu le droit de vote elles votaient….comme leur mari !!!
      Alors imaginez une jeune femme rebelle à sa famille aisée ( Oh, Mon Dieu, que vont penser les voisins paroissiens aux matines ou aux vêpres !!!… Diantre !!! ) , qui plus est avait semble-t-il des relations incestieuses ( Manque d’affection maternelle ? ) avec son frére Claude (Voire aussi avec « Papa » ??? ) qui s’émancipe par l’expression de son Art et qui….. La pauvre ( Je me sens si proche d’elle !!! ), tombe en amour pour un « C…..D » qui va la manipuler en chantage affectif… C’est une femme, qui « dépasse le Maître » donc, pour la bonne éducation de l’époque, il faut l’évincer……Je n’ose vous en dire plus tant je ressens Camille dans mon coeur, mon esprit, mon âme, au point que les larmes me coulent en émotion.

  14. MariePaule Lefevre

    Il a qq années j’ai vu le film Camille Claudel jouée admirablement par Adjiani ! Je ne sais pas si ce film retraçait exactement la vie de l Artiste mais après la projection j avoue avoir eu un sentiment d horreur !
    Un frère carriériste un amant sur le déclin une Camille Claudel artiste avec une sensibilité à fleur de peau et tout ça a une époque où la place de la femme doit être en arrière plan pour ne pas dire inexistant !

  15. marie thomas

    Etre Femme et extrêmement talentueuse a créé de grandes jalousies.
    Enfermée, elle était moins dangereuse pour les réputations respectives de Rodin et de son frère paul …
    Le scandale c’est aussi le silence assourdissant de ses contemporains qui savaient mais qui ont préféré se taire par lâcheté.

  16. Meli Melo

    Ce qui est remarquable est que Camille Claudel n ‘ exprime aucune rancune à ce frère indigne et plus encore sa mère . . . Je vais relire sa biographie pour comprendre les raisons de cet abandon ? L’honneur d’ une famille ? Et revoir le film dans lequel Isabelle Adjani , elle , ne l’ a pas trahie mais si bien honorée ! Une communion d’ âme rare dans le cinéma a travers lequel les biographies sont souvent à côté ou en dessous de la vérité .

    • MarieJo Raffarin

      Mais qu’elles rancunes pouvait-elle avoir ???…….. On vous prends de force, on vous enlève TOUT et, qui plus est, à l’époque, c’était la camisole de force + les électrochoc !!!…… Dans de telles conditions il fallait avoir un moral d’acier ( Voire une SUPER FOI ) pour tenir le coup !!!………. Moi, je dis  » Chapeau  » !!!, à Camille dans laquelle, par nos parcours de vie, je me suis toujours reconnue.

  17. jocelyne dugas

    Camille Claudel souffrait de Syndrome de Korsakoff (alimentation déficiente, alcoolisme, etc.), enceinte de Rodin, elle s’était fait avortée, ce qui devait être inacceptable pour les fervents catholiques de sa famille, elle était atteinte de paranoïa (particulièrement envers Rodin), on peut imaginer les relations tendues avec sa mère.

  18. LAURENT Madeleine

    Lettre poignante de Camille, je suis toujours très choquée par l’attitude du frère ainsi que de la famille , ce soir j’ai regardé le film et je suis triste . Ce film est très bien joué sans rien dire ,ses yeux ,son regard expriment sa détresse.
    Il aurait suffit de lui tendre la main.

  19. Antipsyprimaire

    A ceux qui s’imaginent que la psychiatrie de 1927 était plus coercitive, plus destructrice et nocive, moins « éclairée » que la psychiatrie française de 2015, je ferai la remarque inverse : c’est tout juste le contraire.

    On enferme aujourd’hui avec une facilité accrue ; on soumet à des traitements lourds (neuroleptiques, électrochocs) de plus en plus facilement aussi ; et les quelques garde-fous, si je puis dire, que rencontrait jadis la psychiatrie, sont désormais avalés par le scientisme généralisé (en fait, l’industrie pharmaceutique et ses propagandes) et la peur de toute singularité, qui n’est pas moins forte aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1927.

    Je ne peux que conseiller à ceux qui s’imaginent qu’on enferme pas « comme ça » aujourd’hui, de lire ces ouvrages :

    http://www.amazon.fr/demain-mieux-lengrenage-h%C3%B4pitaux-psychiatriques/dp/274992166X
    http://www.amazon.fr/Jai-surv%C3%A9cu-psychiatrie-Christelle-Rosar/dp/2315003695

    Et quand à ceux qui veulent évaluer le caractère destructeur des traitements psychiatriques prescrits hors de propos, abusivement et dans des quantités délirantes, ce film : https://fr.wikipedia.org/wiki/Elle_s%27appelle_Sabine

    • Carlo

      On doit remettre en question le venin de l eglise Catholic encore Bien ses fervents chretiens.la fin du 18 e siecle a ete gere au mepris des intellectuels . Pour moi c est un tableau denonciateur bourre de jealousies et d envieux.

  20. Katia BenazeraffVisser

    cette grande sensibilité artistique, l’injustice de ne pas être reconnu et la brutalité de Rodin à son égard et envers son talent …tout cela , et à son époque on fait d’elle une alliénée aussi peu de chance pour elle de revenir trop dérangeante, mais quelle lucidité dans sa lettre vraiment pas une folle mais une victime de la société. et du monde artistique…. c’est trés émouvant.

  21. EVE.LYNE

    Et dire que cette femme, artiste de genie, ne demandait que sa propre liberte…Sa mere, une puritaine, a ete la protagoniste de son enfermement et son frere avait d’autres chiens a fouetter…

    PS > desolee pour les accents, la ponctuation, mon clavier a un probleme…

  22. capucine015@gmail.com

    J’ai beaucoup lu sur l’histoire de Camille et Rodin, ainsi que sur leur relation à Paul Claudel. Il y aurait tant à dire…
    D’abord sur sa soi-disant « folie » et son internement. Quelle cruauté, dire que cette femme a passé les 30 dernières années de sa vie dans un asile. Paul Claudel est forcément derrière tout ça, ça l’arrangeait bien quelque part…
    Une bien triste histoire, une femme remarquable et l’un des plus grands talents de l’époque.

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