Lettre de James Joyce à Martha Fleischmann

3

min

joyce

Parce qu’il y avait quelque chose de franc et presque d’impudique dans votre allure

James Joyce (2 février 1882 – 13 janvier 1941) est un écrivain irlandais considéré comme l’un des plus influents du XXe siècle. Considéré comme son œuvre majeure, Ulysse relate les pérégrinations de deux hommes dans le Dublin du début du siècle dernier. L’un d’eux, Léopold Bloom, entretient une relation érotique épistolaire avec une jeune femme prénommée Martha qu’il n’a pourtant jamais rencontrée. Et si l’histoire de ce personnage n’était que le fantasme de la propre vie de son auteur ? En 1918, James Joyce croise le regard d’une jeune femme dont il tombe littéralement amoureux. Elle, elle ne le voit pas. Dans cette seconde lettre qu’il lui adresse, James Joyce dévoile le visage d’un homme passionné qui semble prêt à forcer le destin avec une femme dont il ne connaîtra le nom que plus tard : Martha.

A-A+

[Décembre 1918]

J’avais la fièvre hier soir, en attendant un geste de vous.

Mais pourquoi ne voulez-vous pas m’écrire même une parole. Votre nom ? Et pourquoi fermez-vous toujours les stores de la fenêtre ? Je veux vous voir.

Je ne sais pas ce que vous pensez de moi.

Comme je vous ai déjà dit nous nous sommes vus et parlé — mais vous m’avez oublié.

Voulez-vous que je vous dise quelque chose ?

Ma première impression de vous.

Voilà.

Vous étiez vêtue de noir avec un gros chapeau aux ailes flottantes. La couleur vous allait très bien. Et j’ai pensé : un joli animal.

 

 

 

 

( James Joyce, Lettres III, NRF, Gallimard ) - (Source image : James Joyce, Unknown, © Wikimedia Commons)
Pour recevoir plus de lettres, cliquez ici.

les articles similaires :