Lettre de John Keats à Fanny Brawne

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keats

je suis gourmand de toi.

John Keats (31 octobre 1795 – 24 février 1821) éminent poète romantique à la trajectoire fulgurante, marquera son temps de son talent littéraire, notamment avec son œuvre emblématique, Endymion. Sa poésie célèbre la pureté de la nature sauvage, mais est aussi attachée aux mythes classiques comme Hypérion. Derrière le poète, l’homme : sa passion pour Fanny Brawne fut portée à l’écran par Jane Campion dans Bright Star, passion dont témoigne cette lettre d’amour d’un poète au désespoir.

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Mai 1820

Mardi matin –

Ma chère Fille,

J’ai écris une Lettre pour toi hier en attendant de voir ta mère. Je dois être assez égoïste pour l’envoyer bien que je sais que cela te causerait un peu de peine, parce que je souhaite que tu vois à quel point je suis malheureux de mon amour pour toi, et je m’efforce du mieux que je peux pour t’inciter à m’abandonner ton coeur entier car mon existence dépend de toi. Tu ne peux faire un pas ou bouger une paupière sans que cela ne touche mon coeur – je suis gourmand de toi – Ne pense à rien d’autre qu’à moi. Ne vis pas comme si je n’existais pas – Ne m’oublie pas – Mais ai-je le droit de dire que tu m’oublies ? Peut-être que tu penses à moi toute la journée. Tu me pardonnerais de souhaiter une telle chose, si tu savais la passion extrême que j’ai que tu devrais m’aimer – et pour toi de m’aimer comme je t’aime, tu ne dois penser à personne d’autre qu’à moi, much less write that sentence. Hier et ce matin j’ai été hanté par une douce vision – Je t’ai vu dans ta robe de bergère. Combien mes sens ont souffert de cela ! Combien mon coeur s’est dévoué à ça ! Combien mes yeux se sont remplis de larme à cette vision ! En effet je pense que le véritable Amour est assez pour combler le coeur le plus large – Ton voyage seule en ville, a été un choc quand j’en ai entendu parler – pourtant je m’y attendais – promets moi de ne pas le refaire pendant un moment, jusqu’à ce que j’aille mieux. Promets-moi cela et remplis le papier plein des noms les plus attachants. Si tu ne peux le faire avec une bonne foi, dis moi mon Amour – dis ce que tu penses – confesse si ton coeur est trop attaché au monde. Peut-être alors je pourrais te voir d’une plus grande distance, je ne serais peut-être pas capable de t’amener si près de moi. Si tu devais perdre ton oiseau préféré de sa cage, combien tes yeux te feraient mal tant qu’il sera en vue ; lorsqu’il aura disparu tu te remettrais peu à peu. Peut-être que si tu te confesse à moi sur toutes les choses qui te sont nécéssaires à part moi, je pourrais être plus heureux, en étant moins tourmenté. Ainsi vous pouvez vous exlamez combien il est égoïste, combien il est cruel, de pas me laisser profiter de ma jeunesse ! de me souhaiter d’être malheureux ! Tu dois l’être si tu m’aimes – sur mon Ame je ne peux être contenté de rien d’autre. Si tu pouvais vraiment t’amuser à une Fête – si tu peux sourire aux visages des gens, et leur souhaiter de t’admirer maintenant, tu ne m’as ou ne m’aimeras jamais – Je ne vois la vie que par la certitude de ton Amour – convaincs moi de ça ma douce. Si je n’en suis pas convaincu je mourrais d’agonie. Si nous aimons nous ne devons pas vivre comme le font les autres hommes et femmes – Je ne peux tolérer les traces de loups de la mode et dandy et cancans. Tu dois être mienne pour mourir upon the rack si je te veux. Je ne prétends pas avoir plus de sentiments que mes camarades – mais je te souhaite de regarder mes lettres agréables ou non et savoir si la Personne qui les a écrits peut être capable d’endurer plus longtemps les agonies et les incertitudes que tu es en train de créer – Mon rétablissement physique ne me sera d’aucun intérêt si tu n’est pas tout à moi lorsque je suis en forme. Pour l’amour de dieu sauve-moi – ou dis moi que ma passion est d’une nature trop affreuse pour toi. Dieu te bénisse

J.K.

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( John Keats, Lettres, traduit par Robert Davreu, Belin, 1993, p. 442 ) - (Source image : John Keats in 1819, painted by his friend Joseph Severn, National Portrait Gallery © Wikimedia Commons)
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