Lettre de Laurence Bloch

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C’est une journée de stupeur, de colère et d’immense tristesse pour nous tous.

Suite aux tragiques évènements survenus ce mercredi 7 janvier 2015, Laurence Bloch (1952), directrice de France Inter, s’exprime dans une lettre ouverte, hommage aux victimes de l’attentat perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo.
C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle témoigne de son indéfectible soutien et appelle malgré les circonstances à préserver cette liberté d’expression si chère à nos cœurs.

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7 Janvier 2015

Triste journée…

Chers tous,

C’est une journée de stupeur, de colère et d’immense tristesse pour nous tous.
Un massacre a été commis en plein Paris et des hommes ont été assassinés parce qu’ils défendaient la liberté d’expression, je devrais dire la liberté tout court. Parmi eux, il y avait Bernard Maris, Bernard dont le sourire et les yeux pétillants illuminaient les petits matins du vendredi de France Inter…

Intellectuel, économiste, écrivain…Bernard Maris était tout à la fois mais bien plus encore.

C’était un savant plein de malice et d’esprit qui se passionnait pour la vie des hommes autant que pour les statistiques.
C’était un conteur magnifique, un passeur plein d’humour, un iconoclaste qui grâce à son irrévérence savait nous captiver sur les enjeux des cours céréaliers comme sur le Dow Jones.
C’était aussi un camarade avec lequel on aimait tellement prendre le café le vendredi matin, après son débat sur France Inter. Il adorait qu’on se moque de lui, qu’on retourne ses positions.

Bernard était un homme libre, comme tous les journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo. C’est cette liberté qu’il nous faut préserver envers et contre tout.

Laurence Bloch

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8 commentaires

  1. W.NUSSBAUM

    la stupéfaction a laissé place à ce vieux connu: l’esprit de vengéance…puis la réflexion…non ce n’est pas le chemin, bien que la rage soît cette fois-ci bien plus forte que les autres ( peût-on mésurer ça ? ).
    Quel est le Dieu qui approuve l’assassinat, pur et simple ?
    Quelle sorte de crédo peût justifier une action violente comme celle -ci ?
    Bien sûr, c’est une question d’éducation et de culture, mais notre grand éffort ( tout en serrant les dents ) pour les années à venir c’est intégrer, éduquer et faire comprendre, chose basique, que la vie d’autrui ne peut être enlevée jamais et, moins encore, par des motifs d’opinion.
    Les différences, portés à la limite, peuvent et doivent être résolues devant les Tribunaux et non par l’action d’un Kalashnikov.
    On s’est donné des lois et des règles de comportement social depuis 200 ans, il faut les enseigner à ceux qui veulent s’intégrer dans notre societé et qui ne les connâissent pas, même si c’est dur, long et la rage nous ronge. Spécialement, ce qu’on appelle liberté de l’individu.

    Mes condolèances et ma sincère solidarité à ceux qui pleurent ces pertes irremplaçables.

  2. André Fitoussi

    Nous voilà, nous aussi, avec notre 11 septembre. Peut-être, pensions nous que cela n’arriverait jamais. Cela est arrivé et malheureusement nous ne sommes pas à l’abri d’autres drames de ce genre. Mes pensées vont vers les familles et amis des victimes. J’avais une tendresse particuliere pour Bernard Maris car fidèle du rendez-vous du vendredi matin et de ses échanges malicieux avec Dominique Seux.
    Difficile de croire que cela soit arrivé et pourtant … Nous restons avec notre colère, notre dégoût et notre incrédulité. Je n’étais pas lecteur de Charlie-Hebdo, mais plutôt de « Canard », mais, comme beaucoup certainement, je vais m’y abonner pour que leur souvenir persiste et que Charlie-hebdo ne meurt pas une seconde fois.

  3. Patrick Sourbier

    Oncle Bernard… Tu vas nous manquer. Tes coups de gueule, tes positions à contre-courant du troupeau, ta lucidité, tes prises de position courageuses, ta vision de ce que devrait être l’ économie et bien sûr ton humour sont la marque de Grands Hommes. Ta présence sur France Inter a permis de faire réfléchir les gens en dehors des analyses convenues. Merci Laurence Bloch pour ce beau témoignage

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