Lettre de Léon Tolstoï à Vassili Pétrovitch Botkine

1

min

tolstoi

Tout cela fait que je ne pense pas quitter Paris.

Léon Tolstoï (9 septembre 1828 – 20 novembre 1910), l’auteur de deux des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature mondiale (Guerre et Paix et Anna Karénine), a révolutionné l’enseignement, fondé une communauté utopique et a su s’imposer comme un des sages de son temps. En 1857, il fait un séjour à Paris, émerveillé par la culture française, il écrit cette lettre.

A-A+

24-25 mars [ 5-6 avril ] 1857

[…] Je suis à Paris depuis bientôt deux mois et je ne prévois pas encore le moment où cette ville perdra pour moi son intérêt, et cette vie son charme. Je suis d’une ignorance crasse, nulle part je ne l’ai senti autant qu’ici. Donc, ne serait-ce qu’à cause de cela, je puis être content et satisfait de ma vie à Paris, d’autant plus qu’ici aussi je sens que cette ignorance n’est pas irrémédiable. Et puis les jouissances de l’art, le Louvre, Versailles, le Conservatoire, les concerts, le théâtre, les cours du Collège de France et de la Sorbonne, et surtout une liberté sociale dont je n’avais même pas idée en Russie, tout cela fait que je ne pense pas quitter Paris, ou le village près de Paris où j’ai l’intention de m’installer ces jours-ci, avant deux mois, quand s’ouvrira la saison thermale. […]

tolstoicouv

( Je vous écris de Paris, De Pétrarque à jack Kerouac, portrait d'une ville en toutes lettres, Parigramme ) - (Source image : Tolstoï, Unknown, [1912], Library of Congress, © Wikimedia Commons)
Pour recevoir plus de lettres, cliquez ici.

La recommandation de la rédaction :

Lettre de Léon Tolstoï à Gandhi : « Il n’y a qu’une solution, celle de la reconnaissance de la loi d’amour et du refus de toute violence. »

Lettre de Léon Tolstoï à sa femme : « Je m’en vais. »

Lettre de Léon Tolstoï à Zinaïda Lioubotchinskaïa : « La vie est indestructible. »

les articles similaires :

2 commentaires

  1. Cézal Gloiret

    La réponse est dans le texte : « A la guerre, on n’a pas affaire à une volonté délibérée, mais aux passions humaines, ici c’était le calme et le confort dans le meurtre poussés jusqu’au raffinement, rien de grandiose. »

    A la guerre on tue par idéal ou autodéfense, donc par réaction spontanée ; la guillotine fait appel à la préméditation de l’action, au sadisme et au meurtre !

Laisser un commentaire

Vous devez être pour laisser un commentaire.