Lettre de Max Dormoy à André Blumel

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Marx_Dormoy-1932

Le parlementaire doit être capable d’affronter les périls qui sont les risques du métier.

Max Dormoy, né le 1er août 1888 à Montluçon (Allier), est un homme politique français. Socialiste de cœur et de conviction, il appartient au gouvernement du Front Populaire, où il prend la relève de Roger Salengro — tristement célèbre pour s’être suicidé, en 1936, sous les coups d’une campagne de presse calomnieuse. En 1940, Max Dormoy fait partie des 80 parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Mais hélas, étant dans la ligne de mire des anciens cagoulards, un réseau d’extrême-droite qu’il avait contribué à démanteler, il est assassiné dans la nuit du 26 juillet 1941 par une bombe à retardement placée sous son lit. L’extrait de lettre suivant, qui date d’un mois avant sa mort, montre qu’il avait conscience des risques de sa fonction.

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Extrait d’une lettre du 23 juin 1941 (archives André Blumel, 14 APO 4, dossier Dormoy)

Oserai-je te dire que nos épreuves ne comptent guère. Après tout – je parle pour moi – un parlementaire doit, à l’occasion, être capable de souffrir pour ses idées. C’est dans sa fonction que l’aller, le cas échéant, en prison. Rien ne l’obligeait à faire de la politique. Il n’a pas été élu seulement pour prononcer, de temps à autre, un discours sur les malheurs de l’agriculture… et se constituer une retraite. Il doit être capable d’affronter les périls qui sont les risques du métier. Après tout, le couvreur tombe bien du toit et le maçon de l’échafaudage !

( https://www.lours.org/il-y-a-75-ans-le-26-juillet-1941-marx-dormoy-etait-assassine/ ) - (Source image : Max Dormoy, député de l'Allier : photographie de presse, agence Mondial-Photo Presse, 1932 (détail) © domaine public)
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