Lettre de Napoléon à Marie Walewska

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Tu reviendras, n'est-ce pas ? Tu me l'as promis. Sinon l'aigle volerait vers toi.

Elle est née le 7 décembre 1786. Elle est « Délicieusement jolie ». Ses yeux, sa bouche, ses dents sont admirables. Elle a le rire frais, le regard doux, le visage séduisant… ». Elle vient juste d’avoir 20 ans. Elle a eu pour précepteur le frère de Frédéric Chopin. Elle a épousé à 17 ans le comte et Anastazy Walewski, un grand noble polonais presque septuagénaire. C’est une jeune mère qui rencontre Napoléon le 1er janvier 1807. Leur première rencontre à Blonie tient du coup de foudre réciproque. Agé de 37 ans, le vainqueur d’Iéna, le nouveau maître de la Pologne invite 18 jours plus tard la jolie Comtesse au bal du Carnaval. Dès le lendemain matin, un bouquet de roses pâles où se niche une rose rouge accompagne une lettre adressée à l’épouse du chambellan Anastase Walewski. Cette missive est un cri : « Je n’ai vu que vous, je n’ai admiré que vous, je ne désire que vous » qui va rester sans réponse. Marie est fière et résiste. Il faut plusieurs lettres et près d’une semaine pour qu’elle lui cède. Elle lui donne un fils naturel en 1810. Leurs amours se distendent mais elle lui reste fidèle jusque dans l’exil à l’Ile d’Elbe et pendant les cent jours. Après avoir épousé le Général d’Ornano, elle meurt en décembre 1817, à 31 ans, trois ans après la disparition de l’empereur déchu.

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Janvier 1807

Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. Je te verrai à dîner, l’ami [Duroc.] le dit. Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

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L’écriture de Napoléon
correspondance
( Napoléon Bonaparte, Correspondance générale, Tome septième, Fayard )
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