Lettre de Nelson Mandela à Winnie Mandela

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Nelson_Mandela,_2000_(5)

Le nouveau monde ne sera pas construit par ceux qui restent à l'écart les bras croisés, mais par ceux qui sont dans l'arène.

Nelson Mandela, ce symbole mondial de la lutte contre l’apartheid et le racisme, est devenu une figure consacrée de notre époque lors de ses 27 années d’emprisonnement. Dans l’isolement le plus absolu, victime d’un traitement forcené et injuste de la part des autorités pénitentiaires, opposant politique capital aux Afrikaners, il trouve et puise dans la prison une force insoupçonnable qui l’amènera à devenir Madiba, le père de l’Afrique du Sud. Dans cette lettre à sa femme, elle aussi emprisonnée, il revient sur son expérience carcérale si cruciale.

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23 juin 1969

Ceux qui n’ont pas d’âme, pas le sens de l’orgueil national et aucun idéal au nom duquel ils pourraient se battre, ceux-là ne peuvent supporter ni l’humiliation ni la défaite ; ils ne s’appuient pas sur une culture nationale, n’ont pas de mission sacrée, ils ne peuvent devenir ni des martyrs, ni des héros. Le nouveau monde ne sera pas construit par ceux qui restent à l’écart les bras croisés, mais par ceux qui sont dans l’arène, les vêtements réduits en haillons par la tempête et le corps mutilé par les événements. L’honneur appartient à ceux qui jamais ne s’éloignent de la vérité, même dans l’obscurité et la difficulté, ceux qui essayent toujours et qui ne se laissent pas décourager par les insultes, l’humiliation ou même la défaite.

Depuis l’aube de l’histoire, l’humanité a honoré et respecté les individus braves et honnêtes, les hommes et les femmes comme toi, mon amour — une fille toute simple qui vient d’un village reculé qu’on voit à peine sur les cartes, un kraal des plus humbles, même selon les critères des paysans.

( Nelson Mandela, Conversations avec moi-même, Paris, La Martinière, 2010. ) - (Source image : Nelson Mandela en 2000 © LSE / Flickr.com)
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