Lettre de Victor Hugo aux membres de l’Académie française

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Mon seul crime, le voici : j'ai fait mon devoir.

Victor Hugo (1802 – 1885), écrivain cardinal de la langue française et emblème universel du romantisme, était également un homme politique engagé. Banni après le coup d’État du 2 décembre 1851, il se réfugie à Bruxelles d’où il envoie cette lettre à ses confrères de l’Académie française. Exilé, il ne pourra participer à la prochaine élection !

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janvier 1852

À Messieurs les membres de l’Académie française

Messieurs et chers confrères,

Le malfaiteur politique dont le gouvernement politique pèse en ce moment sur la France a cru pouvoir rendre un décret d’expulsion dans lequel il m’a compris. Mon seul crime, le voici : j’ai fait mon devoir.
J’ai, par tous les moyens, y compris la résistance armée, défendu contre le guet-apens du 2 décembre, la Constitution issue du suffrage universel, la république et la loi.
Il est interdit aux bannis, de par le coup d’état, de rentrer en France sous peine d’être déportés à Cayenne, c’est à dire sous peine de mort.

Dans cette situation, en présence de la force brutale qui règne et contre laquelle je renouvelle, du fond de mon exil, mes protestations indignées, je ne puis prendre part à l’élection académique qui aura lieu, et je vous prie, Messieurs et chers confrères, d’agréer avec l’expression de mes regrets, l’assurance de ma vive cordialité et de ma haute considération.

Victor Hugo
représentant du peuple

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( Philippe de Flers et Thierry Bodin, L'Académie française de 1635 à nos jours au fil des lettres, Gallimard / Musée des Lettres et Manuscrits, 2010. ) - (Source image : Victor Hugo par Nadar, 1884)
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