Lettre ouverte de Jane Birkin pour Sakineh, Iran

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28th October 1968:  British singer Jane Birkin, best known for 'Je T'Aime', her duet with Serge Gainsbourg.  (Photo by S. E. Orchard/Express/Getty Images)

Aujourd'hui votre nom nous est cher, votre souffrance nous afflige, l'idée de votre mort est insupportable...

Sakineh Ashtiani (née en 1967) est une femme iranienne, arrêtée en 2006 pour « adultère commis en étant mariée » et condamnée à mort par lapidation, de même que son amant, à la suite d’un tour de passe-passe judiciaire. En juillet 2010, suite à une campagne de sensibilisation de l’opinion (mondiale !) initiée par ses deux enfants, l’exécution imminente de Sakineh est suspendue, sans que la condamnation à mort ne soit levée. Différents États et organisations internationales, dont Avaaz, Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que différentes personnalités, parmi lesquelles Jane Birkin, ont exhorté les autorités iraniennes à stopper l’exécution. Ce n’est qu’en 2014 que se propage l’information selon laquelle Sakineh aurait été grâciée. Mais pour un symbole, combien de femmes et d’hommes encore victimes des lois iniques et de la barbarie ?

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24 août 2010

Au première coup, elle saigne, les pierres sont choisies de bonne taille pour faire souffrir jusqu’à la mort certaine, donc pas trop grosses les pierres, sinon tu meurs trop vite, c’est pas du jeu, pas trop petites les pierres non plus, sinon ce n’est pas du spectacle, c’est lassant… car c’est un spectacle de voir une femme mourir, c’est la peine de mort venant du Moyen Âge, une femme enterrée jusqu’au cou et la foule jette des pierres pour la tuer…

Mais cela se passe aujourd’hui, la mort par lapidation de l’Ancien Testament va être pratiquée demain ou après demain pour Sakineh en Iran, parce qu’elle a commis un crime contre l’honneur des hommes, « adultère »… Les hommes vont donc se venger… Un spectacle odieux, que l’on croyait éteint, vestige des tortures biblique, ou de l’Inquisition … Cette femme va mourir si nous n’essayons pas de la protéger avec nos pauvres mots, elle va mourir sans savoir qu’il y a des femmes comme elle, qui luttent avec des armes qui sont nos noms, espérant que nos leaders nous soutiennent, qu’ils parlent avec leurs voix puissantes, sachant que « son » gouvernement ne nous écoutera pas, nous, les gens. Mais si on est plusieurs, des millions à écrire ? Savez-vous Sakineh, que votre prénom jusqu’à ces derniers jours était le prénom d’une inconnue ?

Aujourd’hui votre nom nous est cher, votre souffrance nous afflige, l’idée de votre mort est insupportable…

Jane Birkin

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