Lettre d’Hector Berlioz à Pauline Viardot

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À notre prochaine entrevue, vous sentirez une secousse et vous verrez des étincelles jaillir.

Le compositeur Hector Berlioz (11 décembre 1803 – 8 mars 1869), auteur de La Symphonie fantastique et de La Damnation de Faust, est un éminent représentant du romantisme européen. Comme beaucoup d’autres génies de sa génération, il souffrit d’une maladie nerveuse au long cours, pour laquelle il dut se soigner. Il évoque ici le sujet à l’attention de Pauline Viardot, une cantatrice pour laquelle il crée une version en français de l’Orphée de Gluck, la même année.

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7 octobre 1859

C’est pour obéir à l’adorable despotisme de votre bonté que je vous envoie aujourd’hui le bulletin de ma misérable santé. Vous le voulez. Eh bien, sachez donc qu’on m’a électrisé ce matin ; un médecin anglais m’a placé entre les tampons de sa machine. Le pôle positif et le pôle négatif se sont livrés une furieuse bataille sur mon nerf grand sympathique. Le résultat n’est pas encore sensible.

Seulement je vous préviens tous qu’à notre prochaine entrevue, si vous me donnez cordialement votre main comme à l’ordinaire, vous sentirez une secousse et vous verrez des étincelles jaillir de la mienne. Ce sera le dégagement du fluide électrique, du fluide positif, bien entendu, car rien au monde n’est plus positif que mon affection pour vous.

Le calembour revient, serait-ce bon signe ? Il faut l’espérer.

H. Berlioz

berlioz tome 6
( Hector Berlioz, Correspondance générale. Tome 6 : 1859-1863, Flammarion, 1995 ) - (Source image : Photography de Hector Berlioz par Félix Nadar / Pauline Viardot-Garcia, famous singer of the XIXth century, sister of Maria Malibran / domaine public)
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