Lettre d’Anton Tchekhov à son collègue Plechtchéev

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Je hais le mensonge et la violence sous toutes ses formes.

Médecin et écrivain de talent, Anton Tchekhov (1860-1904) est certainement l’auteur le plus connu de la littérature russe. Avec des œuvres dramatiques qui déchirent le voile des illusions, il interroge la condition humaine dans ce qu’elle a de plus absurde et vain. Mais comme en témoigne cette lettre, le « chantre de la désespérance » qu’était Tchekhov gardait malgré tout une foi indéfectible en l’amour et la liberté.

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4 octobre 1888

Je voudrais être un artiste libre […]. Je hais le mensonge et la violence sous toutes ses formes et je trouve également répugnants les secrétaires du consistoire. […] Le pharisaïsme, la stupidité et l’arbitraire ne règnent pas seulement dans la demeure des marchands et dans les mitards, je les vois dans la science, la littérature, parmi la jeunesse…

C’est pourquoi je n’ai de penchant particulier ni pour les gendarmes, ni pour les bouchers, ni pur les savants, ni pour les écrivains, ni pour les jeunes. Je tiens les étiquettes et les marques de fabriques pour des préjugés. Mon saint des saints, c’est le corps humain, la santé, l’intelligence, le talent, l’inspiration, l’amour et la liberté la plus absolue, la liberté vis-à-vis de la force et du mensonge, où qu’ils se manifestent.

( Roch Coté, Anton Tchekhov, Une vie illustrée, Fides, 2005 )
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