Lettre de Ben Laden à sa femme

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Je te prie de détruire cette lettre après l'avoir lue.

Oussama Ben Laden (10 mars 1957 – 2 mai 2011) était le chef spirituel du réseau jihadiste Al-Qaïda jusqu’à sa mort et organisa entre autres, les attentats du 11 Septembre 2001. Après 10 ans de traque, l’ennemi public n°1 fut abattu par un commando au Pakistan. Le 1er mars 2016, le gouvernement américain a révélé des documents exclusifs écrits de sa main : voici une des lettres qu’il adresse à sa femme quelques mois avant son exécution.

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4 janvier 2011

Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Grand Compatissant,

Merci à Dieu Tout-Puissant, et paix et prières à notre Prophète Muhammad, sa famille et ses disciples.

Que la paix et les bénédictions soient avec toi.

Ma chère femme,

J’espère que mes lettres te trouvent en bonne santé, et puisses-tu être plus pieuse et plus près de Dieu.

Tout d’abord, cela me réconforte d’avoir de tes nouvelles. Je me languis de te voir et d’avoir de tes nouvelles, surtout après avoir reçu la bonne nouvelle de ta libération des Iraniens, Dieu merci. […]

Je te prie de m’excuser pour mon retard dans notre correspondance, cela est dû à plusieurs raisons, notamment au fait que le frère qui s’occupe de passer mes lettres a été sérieusement malade et n’a pas encore complètement récupéré. […]

Je voudrais aussi que tu me donnes des nouvelles d’Hamza et de ses enfants. J’ai été ravi d’entendre parler de son mariage. Dieu bénisse leur union et leurs enfants. Donne-moi également des nouvelles des frères d’Hamza, de leurs enfants, de Fatima, du frère d’Hamza qui est en Syrie, et aussi de Wafa et de ses enfants. Nous prions Dieu d’avoir pitié de Sa’d et Khadijah, et puisse-t-Il les accepter parmi les martyrs et les élever à ce statut, et puisse-t-il les récompenser. Ce qui me console est qu’ils sont morts en terre du djihad, comme leur destin l’a voulu. […]

En ce qui me concerne, Dieu Tout-Puissant a été généreux. Je remercie Dieu comme je le dois, car Il mérite d’être remercié pour Sa gloire et la majesté de Sa souveraineté. J’ai travaillé pour que tu puisses venir à nous dès que j’ai reçu la nouvelle de ton arrivée chez nos frères.

Cependant, je vis depuis plusieurs années en compagnie de frères de la région et ils sont épuisés, à cause des mesures de sécurité, du fait que je reste avec eux et des conséquences qui en découlent. Par conséquent, il est difficile pour eux de faire ce que je leur demande. Une des choses les plus délicates que je leur ai demandé est de m’amener des membres de ma famille. Quand ils se sont plaints du nombre de personnes trop élevé, je leur ai suggéré d’en amener moins mais ils ont refusé. Toutefois, en raison de l’importance de ta venue, de la longue période où j’ai attendu que tu sois libérée par les Iraniens, et de toutes ces années que tu as passé patiemment là-bas (que Dieu ajoute ces années à la liste de tes bonnes actions), j’ai tout fait pour que tu puisses venir ici.

J’ai bon espoir de pouvoir arranger une rencontre dans un futur proche, et j’espère pouvoir t’en informer dans ma prochaine lettre. Si je ne suis pas en mesure d’assurer ton retour dans les prochaines semaines, je viendrai te rendre visite si Dieu le veut. Je te prie de croire que je travaille très dur pour pouvoir vivre à tes côtés, même si je dois changer les gens qui m’accompagnent, ce qui me prendra du temps.

On m’a dit que tu étais allé voir une dentiste en Iran, et que tu étais inquiète à propos du plombage qu’elle t’avait posé. Je te prie de me faire savoir en détail tout ce qui t’ennuie à propos de n’importe quel hôpital en Iran, ou n’importe quelle suspicion de la part de n’importe quel frère à propos de puces qui auraient pu être implantées de n’importe quelle manière. Une des manières est avec une seringue de taille normale, mais avec une tête légèrement plus grosse que la normale, ainsi, comme je te l’ai déjà mentionné, ils peuvent insérer une puce dedans pour pouvoir l’implanter sous la peau. La taille de la puce est d’environ un grain de blé de long et un vermicelle de large. J’aimerais que tu me dises quelles raisons ils ont évoqués pour justifier ta libération et tous les détails qui pourraient m’aider au point de vue de la sécurité. J’ai besoin de savoir à quelle date tu as eu le plombage, si tu as subi quelconque autre chirurgie, même si c’était un pincement rapide. Si tu ne te souviens pas de la date, tu peux m’en donner une approximative. Je veux aussi savoir tous les détails ennuyeux liés à leur approbation à te faire entrer au Pakistan. Garde en mémoire que Sa’d, puisse-t-il reposer en paix, a mentionné t’avoir dit que tu serais libérée en Syrie.

Notre situation concernant la sécurité ici ne nous permet pas d’aller à l’hôpital à moins qu’il y ait urgence. Je te prie donc de prendre en charge tous tes besoins médicaux, et particulièrement dentaires, et garde les ordonnances après avoir eu les médicaments, ainsi tu pourras réutiliser les ordonnances quand tu viendras à nous, si Dieu le veut, quand ce sera nécessaire. Je prie pour ta santé et ta stabilité. Il est également d’une importance capitale que, pour des questions de sécurité, tu apprennes à parler ourdou et pachto. Ta présence parmi les familles de la région t’aidera à apprendre. J’espère que tu y travailles sérieusement. […]

J’ai appris il y a quelques jours que Time Magazine avait rapporté la libération de certains de nos frères détenus en Iran dont trois membres de ma famille. Il est possible qu’il s’agisse de ‘Uthman, Muhammad et Fatima. […]

En conclusion, j’aimerais savoir si tu es en bonne santé. Séjournes-tu dans un endroit confortable ? As-tu du chauffage ? Restes-tu avec une famille arabe ou avec des gens de la région ?

Sache que si tu n’es pas à l’aise, tu peux te tourner vers les gens avec qui tu étais avant de venir me voir dans les montagnes la dernière fois, pendant que je travaillerai à ce qu’Hamza puisse venir te voir soit là-bas, soit où tu résides actuellement si tu décides d’y rester.

Je prie pour que Dieu te protège et facilite notre rencontre. Il peut tout. Tout le monde attend ton arrivée ici, et ils t’envoient leurs meilleurs souvenirs, notamment Safiyah et ses frères et sœurs, et ‘Abdallah et sa famille.

Que la paix et les bénédictions soient avec toi.

Abu-‘Abdallah

Monday, 28 Muharram 1432.

Trouve ci-joints à cette lettre des modestes présents pour le froid et 25 000 roupies pour tes dépenses en cette période.

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