Dernière lettre de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette

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À mon âge j’aurais besoin de secours et de consolation.

Le 29 novembre 1780 s’éteignait à Vienne Marie-Thérèse d’Autriche, « la Grande », plus connue sous le nom d’Impératrice Marie-Thérèse. Cette héritière des possessions des Habsbourg était l’une des souveraines les plus puissantes d’Europe à la fin du XVIIIe siècle. Cette lettre est la dernière qu’elle écrivit à sa fille, Marie-Antoinette, une vingtaine de jours avant sa mort.

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3 novembre 1780

Madame ma chère fille,

J’étais hier toute la journée plus en France qu’en Autriche, et j’ai récapitulé tout cet heureux temps d’alors, qui est bien passé. Le souvenir seul en console ; je suis bien contente que votre petite, que vous dites si douce, se rétablit, et de tout ce que vous me dites sur votre état avec le roi. Il faut espérer les effets. J’avoue que je ne savais pas positivement que vous ne couchiez pas ensemble, je le soupçonnais. Je ne peux trouver que valable ce que vous me dites, mais j’aurais souhaité que vous auriez été à l’allemande, plutôt pour une certaine intimité que cela entraîne après soi, se trouvant ensemble.

Je suis bien aise que vous comptiez rendre toutes la représentation à Versailles : j’en connais tout l’ennui et le vide ; mais croyez-moi, s’il n’y en a pas, les inconvénients qui en résultent sont bien plus essentiels que les petites incommodités de la représentation, surtout chez vous, avec une nation si vive. J’aurais bien souhaité comme vous que l’hiver aurait mis fin aux voyages de l’empereur ; mais il est tout occupé de se rendre aux Pays-Bas au commencement de mars et rester tout l’été dehors. Cela augmente tous les ans, et cela augmente mes peines et mes inquiétudes, et à mon âge j’aurais besoin de secours et de consolation, et je perds tout ce que j’aime l’un après l’autre ; j’en suis toute accablée…

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