Lettre de Charles Bukowski à Jon et Louise Webb

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Si le monde devait disparaître dans un quart d'heure, que feriez-vous ?

Proche de la beat generation, l’écrivain américain Charles Bukowski en cultive le même goût pour la liberté, voire pour l’obscénité. Auteur du Journal d’un vieux dégueulasse et des Contes de la folie ordinaire, il se fait le porte-parole d’un certain nihilisme, où ne vaudrait d’être vécu que l’instant présent : épicurien pornographe, il aime à jouir de relations charnelles et d’alcool. Et même si la fin du monde advient, cela n’y changerait rien !

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26 mars 1963

[…] Si vous pensez que l’interview avec Kaye (Lit. Times) a été difficile pour moi dans le sens où il m’aurait posé des questions à la mords-moi-le-nœud, vous auriez dû entendre ce qui s’est passé après que l’on a eu bu encore quelques verres :

K : « Ecoutez, si le monde devait disparaître dans un quart d’heure, que feriez-vous, que diriez-vous à la population ? »
B :« Je leur dirais rien. »
K :« Bon, allez mec, vous n’êtes pas très coopératif ! Alors… Si le monde devait disparaître dans un quart d’heure, je veux savoir ce que vous feriez ! »
B :« Je ne bougerais pas de place, exactement comme je suis en train de le faire maintenant. »
K :« Mais que diriez-vous à la population mec, la POPULATION ! »
B :« N’oubliez pas de changer de tramway au prochain arrêt. »

Le plus dingue, c’est que vous dites la vérité aux gens et ils vous répondent que vous n’êtes pas coopératif ! […]

( Charles Bukowski, Correspondance 1958 - 1994, Ed. Grasset, 2005 ) - (Source image : Charles Bukowski, portrait par Graziano Origa, 2008, © Wikimedia Commons)
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