Lettre de Charles Bukowski à Linda King

1

min

Essayer d'attraper ta langue avec ma bouche...

Sulfureux auteur à l’œuvre pour le moins transgressive, Charles Bukowski (1920-1994) a toujours eu pour thèmes de prédilection l’errance, les femmes et l’alcool. Ce « vieux dégueulasse », instable et chaotique, vit dans les années 1970 une passion brûlante avec la sculptrice et poétesse Linda King. Cette lettre qu’il lui écrit en 1972 ne laisse planer aucun doute sur la nature de leur relation…

A-A+

1972

Ton petit jeu de mains baladeuses m’a plu, ça m’a rendu chaud comme la braise… Tout ce que tu fais me rend chaud comme la braise… Quand tu jettes de l’argile au plafond… Toi la chienne, toi la mégère rouge et brûlante, toi la ravissante, ravissante femme… Tu as fait naître de nouveaux poèmes, de nouveaux espoirs, une joie nouvelle et de nouveaux tours chez un vieux chien, je t’aime, j’aime les poils de ta chatte que j’ai senti avec mes doigts, l’intérieur de ta chatte, mouillé, chaud, que j’ai senti avec mes doigts ; toi, debout contre le réfrigérateur — ton réfrigérateur est si merveilleux — tes cheveux lâchés, toi, là, sauvage, l’oiseau sauvage, la chose sauvage qu’il y a chez toi, brûlante, obscène, miraculeuse… Te tordre le cou, essayer d’attraper ta langue avec ma bouche, avec ma langue…

Nous étions à Burbank et j’étais amoureux, d’un amour d’outremer, ma bon dieu de maudite déesse, mon allumeuse, ma chienne, mon mon mon mon con de Paradis entouré de poils, battant, respirant, je t’aime… Et j’aime ton réfrigérateur — et quand on s’attrapait et qu’on luttait corps à corps, cette tête sculptée qui nous regardait avec son petit sourire lyrique, cynique, amoureux, ardent…

Je te veux,

Je te veux,

Je te veux TOI,

TOI TOI TOI TOI TOI TOI !

Traduction DesLettres ©

Pour recevoir plus de lettres, cliquez ici.

La recommandation de la rédaction

les articles similaires :

6 commentaires

  1. Jacky.chriqui@hotmail.fr

    Depuis quelques temps « deslettres » cède à la facilité du produit d’appel : le sexe dans la littérature. Ce qui démontre souvent que les hommes ont une image du corps des femmes qui s’apparente à une nomenclature de fragments.
    Godard l’avait bien compris dans « Le mépris ». Dans ces temps ou l’extime du sexe et de la religion se tartinent à longueur de pages et de photographies, ce qui serait torride pourrait bien se trouver dans un érotisme qui « scintillerait entre deux bords plutôt que de céder au désir expéditif du pornographe.

  2. Frank Vi

    L’homme en trans sexuel c’est exactement ça, au poil près, ça déménage tout surtout les codes …après quand la trans se termine on revient aux codes … certains ne retrouve plus le chemin des codes … où mettent du temps pour y revenir … et puis pourquoi revenir aux codes si on a trouvé le paradis …

Laisser un commentaire

Vous devez être pour laisser un commentaire.