Lettre de Clara Garnek à son oncle 

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Celles qui ont un peu de courage, elles le perdent petit à petit.

Le 16 juillet 1942 eut lieu la rafle du Vél’ d’Hiv’, l’un des évènements les plus tragiques de l’histoire française pendant l’occupation allemande. C’est la plus grande arrestation massive de Juifs sous le régime de Vichy, 13 000 personnes furent arrêtées, dont 4 100 enfants. Cette lettre de la jeune Clara Garnek à sa famille témoigne de leurs terribles conditions de détention.

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Paris, le 18 juillet 1942

Chers oncles, tantes et cousines

2 mots pour vous dire que nous avons été pris jeudi à 3 heures et demi et on nous a conduit au Vélodrome d’hiver. Nous sommes très malheureux. A chaque instant il y a de nouveaux malades, il y a des femmes enceintes, des aveugles… nous couchons par terre.
Hier, on nous a donné du lait pour les enfants de moins de 10 ans, une tartine de pain, une tablette de chocolat, une madeleine, des pâtés.
Je ne sais si on pourra supporter encore longtemps ceci. Maman n’en peut plus. C’est encore plus abrutissant que toutes les femmes racontent des choses qui ne tiennent pas debout et au lieu de se remonter elles se descendent et celles qui ont un peu de courage, elles le perdent petit à petit.
Je ne peux pas vous en écrire plus long et nous espérons vous revoir bientôt.
Jeannot pleure tout le temps parce qu’il veut retourner à la maison.

Clara.

Lettre de Clara Garnek à son oncle : « Celles qui ont un peu de courage,  elles le perdent petit à petit. »
( Je vous écris du Vel' d'Hiv' - Les lettres retrouvées, Karen Taieb, Ed. J'ai Lu. Image : © D.R. )
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3 commentaires

  1. Sophie Blasco

    sombre période sur la collaboration de la France … des plus humbles (mais l’est-on quand on collabore?) aux plus puissants qui en ont fait des pieds et des mains pour cacher leur ignominie par la suite …

  2. Claude R. Simard

    Oui, triste période en France que celle de l’occupation nazie. Pauvres Juifs qui n’y pouvaient rien. On n’ose s’arrêter pour penser à ces martyrs car c’est quasi inimaginable et tellement déprimant. Et dire que cela s’est produit il y a moins de 80 ans. J’avais 2 ans. Lisant cette brève missive, j’ai pensé à Anne Frank dont j’ai lu le Journal au moins 2 fois. Merci

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