Lettre de David Bowie à sa première fan américaine

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Mon vrai nom est David Jones.

Bowie reste Bowie. Imprévisible, incontrôlable, intouchable. Le chemin de ce génie subversif a été long, depuis son premier album, en 1967. Il reçoit alors sa première lettre d’une fan américaine, Sandra Dodd, une adolescente de 14 ans :  visiblement touché et peu habitué au statut de pop star, le tout jeune artiste lui répond immédiatement.

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Le 25 septembre 1967

Chère Sandra,

Peu avant que j’appelle le bureau de mon manager, je tenais ma première lettre d’une fan américaine – et elle était de toi. J’étais si touché que j’ai dû m’asseoir et répondre immédiatement, même si Ken me somme de me lever et de lui passer un texte dont il a absolument besoin. Cela peut adretten (a-dre-tten ? C’est un nouveau terme en anglais qui signifie « attendre »).
J’attendais quelques réactions de la part des auditeurs américains au sujet de l’album. Il y a eu des critiques dans Billboard et Cash box, mais elles étaient signées par des professionnels et leurs critiques sont rarement révélatrices de l’opinion publique. Les critiques étaient élogieuses pourtant. Ils ont même aimé le single « Love You Till Tuesday ». J’ai une copie de l’album américain et ils ont imprimé une jaquette un peu jaune. Vraiment, je ne suis pas si blond. Je pense que la photo de dos me correspond plus. J’espère que tu aimes celles qui sont à l’intérieur.

Pour répondre à tes questions, mon vrai nom est David Jones et je n’ai pas à t’expliquer pourquoi je l’ai changé. « Personne ne va se payer ta tête » a dit mon manager. Mon anniversaire est le 8 janvier et je crois que je mesure 1m78. Il existe un fan club ici, en Angleterre, mais si tout va bien, il y en aura un aux États-Unis je suppose. C’est un peu trop tôt pour y penser.

J’espère qu’un jour j’irai aux États-Unis. Mon manager m’en a beaucoup parlé, il y est déjà allé plusieurs fois avec d’autres personnes qu’il représente. L’autre soir, je regardais un vieux filmé intitulé Les Sensuels (No Down Payment), un super film, mais plutôt déprimant si c’est une réelle peinture de l’American Way of Life. Mais juste après, ils ont diffusé un documentaire sur Robert Frost, le poète américain, surtout filmé dans sa maison du Vermont, et ça a sauvé la soirée. Je suis sûr que c’était plus proche de la vraie vie à l’américaine. J’ai fait mon premier film cette semaine. Ca ne dure que 15 minutes, mais c’était une bonne expérience pour préparer un long-métrage où je dois jouer en janvier.

Merci d’avoir eu l’amabilité de m’écrire, écris-moi à nouveau et dis m’en plus sur toi.
Ton dévoué, David Bowie.

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2 commentaires

  1. sfebvre@orange.fr

    Je suis triste de perdre cette belle energie, ce geni qui n a jamais nie sa vie ! David forever
    Tu voles planes au dessus de nos ames maintenant, meme pas peur tu nous inspire aspire un souffle etrange et beau no comment a ta disparition, nos coeurs sont secoues !

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