Lettre de Fidel Castro à Franklin Roosevelt

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Donnez-moi un billet vert de dix dollars américains.

Treize années avant la révolution cubaine, un adolescent écrit dans un anglais approximatif au Président des Etats-Unis afin de pouvoir voir la couleur d’un dollar. Le profil courageux et audacieux du jeune garçon laisse entrevoir le charisme d’un homme en devenir prêt à tout : Fidel Castro. Si c’est plus tard, à l’université, que la conscience politique de « Lider Maximo » s’éveille, ces quelques lignes mettent en lumière les prémisses d’un esprit plein de justesse et d’observation.

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6 novembre 1940

Mr. Franklin Roosevelt, président des Etats-Unis

Mon bon ami Roosevelt,

Je ne parle pas très bien anglais, mais je me débrouille suffisamment pour vous écrire.

J’aime écouter la radio, et je suis très heureux parce que j’ai entendu que vous seriez président pour un nouveau [mandat].

J’ai 12 ans. Je suis un jeune garçon mais je réfléchis beaucoup, mais je ne me rends pas compte que j’écris au président des Etats-Unis.

Si vous voulez bien, donnez-moi un billet vert de 10 dollars américains, dans une lettre, parce que jamais je n’ai vu de billet vert de 10 dollars américains et j’aimerais en avoir un.

Mon adresse c’est :

M. Fidel Castro
Colegio de Dolores
Santiago de Cuba
Oriente Cuba

Je ne connais pas beaucoup l’anglais mais je parle très bien espagnol et j’imagine que vous ne parlez pas bien espagnol mais que vous parlez très bien anglais parce que vous êtes américain mais je ne suis pas américain.

(Merci beaucoup)

Au revoir, votre ami,

(Signé)

Fidel Castro

Si vous voulez du fer pour fabriquer vos bateaux, je vous montrerai les plus grandes (mines) de fer du pays. Elles sont à Mayari Oriente Cuba.

( Usher, Shaun (éd.), Letters of note, correspondence deserving of a wilder audience, Edinburg-London, Canongate, 2013 ) - (Source image : Wikipedia)
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2 commentaires

  1. jocasada@numericable.fr

    Troublant, vu son jeune âge : un modèle! Comme quoi 12 ans est déjà l’âge de la conscience humaniste et politique (et +)
    Je suis émue et admirative. Merci à lui, à vous, à eux.
    J.C.

  2. guybucher@hotmail.fr

    Le PS dément sans doute la naïveté de cette lettre. Déjà les Etats-Unis perçus comme exploiteurs des richesses du tiers monde plutôt que champions du monde libre devant le fascisme hitlerien. Roosevelt ce fut aussi le plan Marshall qui sortit l’Europe des décombres. Et aujourd’hui le capitalisme on ne peut plus triomphant et le sarcasme du jeune Fidel toujours actuel.

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