Lettre de Georges Charpentier à Guy de Maupassant

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Oublions donc tous deux ce malentendu.

L’écrivain Guy de Maupassant se serait-il brouillé avec son éditeur, Georges Charpentier ? C’est ce que cette lettre évoque, puisqu’il semble que le conflit ait pu aller jusqu’en justice. En 1890, l’auteur, déjà réputé pour des oeuvres telles que Bel Ami ou Pierre et Jean ne parait pas avoir digéré l’intention de Charpentier de l’intégrer dans son recueil de nouvelles des Soirées de Médan : une explication s’impose, mais qui ouvre à la réconciliation des deux hommes, dont l’amitié transparait ici.

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16 juillet 1890

Eh bien, mon cher Maupassant, il paraît que nous n’allons pas aller en justice. J’en suis enchanté pour ma part, croyez-le, car ce rôle de plaideurs ne nous convient ni à l’un ni à l’autre, qui avons toujours eu ensemble de si cordiales et si anciennes relations, et ce n’est certes pas moi qui mettrai un obstacle à la meilleure solution de ce malentendu, car tout cela n’est qu’un malentendu.
Je n’avais pu supposer qu’il pût vous déplaire d’avoir votre portrait dans les Soirées de Médan ; je vous avouerai même, (voyez jusqu’où va ma naïveté !) que j’avais pensé le contraire. Enfin, quoiqu’il en soit, je regrette beaucoup d’avoir si mal réussi, et de vous avoir causé un désagrément passager. Oublions donc tous deux ce malentendu. J’efface de ma mémoire la petite correspondance aigre-douce que nous avons échangée, et je ne me souviens plus que de votre précédente lettre, très amicale, où vous me promettiez un volume de nouvelles.
Que ce soit le premier, voulez-vous, et nous en vendrons beaucoup, beaucoup en signe de réconciliation.
Votre toujours cordialement dévoué

G. CHARPENTIER

( http://bit.ly/28RDmYq ) - (Source image : Guy de Maupassant par Félix Nadar, 1888, © Wikimedia Commons)
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