Lettre de Julius et Ethel Rosenberg à leurs enfants

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Nous sommes innocents et nous n’avons pas trahi notre conscience.

Le 19 juin 1953, Julius et Ethel Rosenberg, un couple de scientifiques communistes, étaient exécutés pour espionnage dans l’Etat de New-York, à l’issue d’un procès truqué. Symboles de la lutte contre le maccarthysme et victimes de la chasse aux sorcières, ils incarnent la résistance contre l’Etat devenu fou. Quelques heures avant leur exécution, ils écrivent une dernière lettre à leurs enfants, Robert et Michael.

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16 juin 1953

Mes très chers, mes précieux enfants,

Ce matin encore, il semblait qu’après toutes ces épreuves, nous allions être réunis. Maintenant que ce n’est plus le cas, je veux que vous sachiez tout ce que j’ai appris. Malheureusement, je ne pourrai écrire que quelques mots : c’est la vie qui vous apprendra le reste, tout comme elle me l’a appris.

D’abord, bien sûr, vous serez profondément affligés par notre sort, mais vous ne serez pas seuls. C’est notre consolation et peut-être aussi la vôtre. Peut-être aussi, vous devriez croire que la vie vaut la peine d’être vécue. Cela, même maintenant, alors que la fin de nos existences approche lentement ; nous le savons avec cette conviction qui vainc les bourreaux.

La vie doit vous enseigner aussi que le bien ne peut fleurir au milieu du mal ; qu’il faut rechercher avec ténacité la liberté et tous les fondements d’une vie vraiment satisfaisante qui vaille la peine d’être vécue. Soyez donc rassurés : nous sommes sereins et nous avons compris profondément que la civilisation n’est pas assez avancée pour comprendre que la vie peut être aimée sans la perdre. Savoir qu’après nous, d’autres personnes poursuivront ces idées nous réconforte.

Nous aurions aimé avoir la joie extraordinaire et gratifiante de vivre avec vous. Votre père, qui est avec moi dans ces dernières heures capitales, vous envoie son cœur et tout l’amour qu’il contient, pour ses chers fils. Souvenez-vous toujours que nous sommes innocents et que nous n’avons pas trahi notre conscience.

Nous vous serrons de toutes nos forces contre nous et vous embrassons très fort.

Avec amour,

Papa et maman

Ethel et Julius Rosenberg

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