Lettre de la fondatrice des Femen, Inna Schevchenko, au Président Hollande

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Nous vous appelons à prendre le parti des femmes.

Mouvement féministe singulier et virulent, Objet Politique Non identifié, les Femen défraient la chronique politique en Europe. Polémiques et déterminées, elles sont de tous les sommets et ne reculent devant rien : leur techniques, coups d’éclat et principes écrivent incontestablement une nouvelle page dans l’histoire des droits de la femme et du happening politique. En témoigne cette lettre de la fondatrice du mouvement, Inna Schevchenko, réfugiée politique en France après des actions jugées criminelles en Ukraine (destruction d’une croix en bois de 8 mètres pour protester contre l’arrestation des Pussy Riots en Russie). Suite à l’emprisonnement d’Amina Sboui, jeune militante tunisienne incarcérée pour avoir tagué le mot Femen sur un mur, elle réclame à cor et à cri que le président français prenne le parti des femmes, premières victimes des idéologies religieuses. Une lettre brûlante et inquiétante.

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6 juin 2013

Monsieur François Hollande,

Il y a peu de temps, les activistes Femen ont été libérées après un mois d’emprisonnement dans les geôles tunisiennes pour avoir protesté seins nus en faveur d’Amina Sboui, militante tunisienne de 19 ans, enfermée injustement depuis près de deux mois pour avoir tagué le mot « FEMEN » sur un mur. Elle s’était opposée ce jour-là, à travers ce symbole de féminisme et de rébellion, à un rassemblement illégal de quarante mille salafistes. Elle risque 12 ans de prison pour association de malfaiteurs.
Le 29 mai 2013, à 10h30, devant le palais de justice de Tunis, nous avons risqué nos vies et nos libertés pour défendre celle de cette jeune femme que nous n’avions jamais rencontrée auparavant, pour défendre qui elle était et ce qu’elle représentait.
Et vous Monsieur François Hollande, qu’avez-vous risqué pour défendre les nôtres ?

C’est parce que nous avons honte de la France aujourd’hui, de son mutisme, de son inertie et de sa peur, que nous vous interpellons, vous, Président.
Parce que nous avons honte de cette France qui s’est tue pendant notre incarcération, pendant la sienne, et pendant celles des autres, rappeurs, bloggeurs et opposants.
Parce que nous avons honte de cette France qui a souri cette semaine à la Tunisie islamiste.
Parce que nous avons honte de cette France qui sait et qui ferme les yeux.
Parce que nous avons honte de cette France qui nous a arrêtées et remises en prison pour 24h, cinq jours seulement après notre retour, pour avoir voulu vous appeler, vous Président, à prendre des positions claires et fermes lors de votre visite en Tunisie.
Parce que nous avons honte que vous ne l’ayez pas fait.
Mais parce que nous pensons qu’il n’est pas trop tard.

Nous activistes, féministes, nous femmes françaises, nous vous appelons, vous Président, vous socialiste, vous humaniste, à prendre le parti des femmes, et à prendre le parti de cette jeunesse active en laquelle vous comptiez tant miser.

Vous Président, vous devez sortir de votre silence pour défendre rageusement la liberté d’expression, et pour condamner fermement toutes atteintes aux droits de la Femme et aux droits de l’Homme.
Vous Président, vous devez défendre sabre aux dents ce symbole de rébellion, de liberté, de courage et de changement qu’est Amina Sboui. Vous devez prononcer son nom, soutenir son combat et exiger sa libération.
Vous Président, vous devez vous ériger contre cette islamisation croissante de la Tunisie et du monde arabe. Vous devez refuser de signer des accords avec des gouvernements aux prises des islamistes. Vous devez refuser de serrer les mains de ceux qui ont volé la révolution au peuple tunisien et qui enferment toutes celles et ceux qui le dénoncent.
Vous Président, vous devez vous ranger du côté de l’Humain et de la Liberté, et vous opposer, quel qu’en soit le prix, comme Amina l’a fait, comme nous l’avons fait et comme FEMEN continuera de le faire, à la dangereuse islamisation du monde arabe, dont les premières victimes sont toujours les femmes.
Vous Président, vous devez réveiller le militant humaniste qui est en vous et entendre la rumeur qui gronde, les femmes sont dans la rue, elle[s] vous appelle[nt] :
Non à l’islamisation pour les femmes, liberté pour Amina !

Signé les prisonnières françaises en Tunisie, FEMEN.

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3 commentaires

  1. olivier d'auge

    Lettre publique,
    – chère Inna Schevchenko –
    Votre lettre à François Hollande
    du six juin de cette année
    deux mille treize, est bien,
    mais vous n’allez pas assez loin,
    vous êtes à un palier mais
    faut aller plus haut, l’étage
    et le suivant, le suivant.
    Votre plume est aussi gracieuse
    que votre voix et comportements.
    Je ne sais vous dire tant
    votre existence est naturelle
    à faire suggérer l’essence même,
    de notre humanité, que je me
    plait avoir imaginé avant votre
    arrivée. Demain je déjeune avec
    une roumaine, rien ne s’arrêtera.

    Seulement heureux de m’avoir pût
    permettre d’être en même temps de
    celui qui vous plût de venir à être.
    olivierdauge

  2. Oberon

    « Signée les prisonnières françaises en Tunisie »
    C’est sûr que c’est plus simple de signer du nom de ceux qui souffrent vraiment plutôt que d’aller lutter et militer là où les femmes en ont vraiment besoin. Il n’y aucun courage à se réfugier dans un des pays les plus avancés au monde en matière de droit des femmes ou même de liberté de la femme. La femme en France est libre et si vous dites le contraire c’est que vous êtes ignorants du monde qui vous entoure.
    Si les Femen défendaient vraiment les femmes et pas le culte qu’elles érigent autour d’elles et leurs seins, elles partiraient se battre contre le mutisme de la cause féminine au Japon ou l’absence de cette cause féministe dans les pays musulmans voir aussi d’aller se balader dans les grandes plaines américaines là où les idées de la femme au foyer nourrissant ses enfants ou celle de la femme d’affaire devant renier sa féminité pour réussir sont 1000 fois plus ancrés que par chez nous. Mais bon avant de faire tout ça elles auraient pu penser à s’occuper de chez elles avant de partir.
    Merci à ses fanatiques de rien du tout sauf peut-être de l’image.

  3. mpbdz@yahoo.fr

    inna schevenko ferait mieux de parler des réseaux de prostitution ukrainiens qui réduisent à l’esclavage sexuel des milliers de femmes en France. Amina Sboui, on sait maintenant c’est qui. Une personne perturbée qui avait déjà fait pas mal de séjours en service psychiatrique, et qui depuis comme inna schevenko a reçu une carte de résidence française, non pas pour un combat utile mais pour des actions médiatiques. On a même entendu parler d’elle il ‘n y a pas longtemps pour une agression fictive (en tant que victime), une autre vraie agression en tant qu’auteur, et pour de faux témoignages.

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