Lettre de Théo Van Gogh à Vincent Van Gogh

1

min

Ton silence nous prouve que tu souffres toujours

Vincent Van Gogh (30 mars 1853 – 29 juillet1890) serait-il devenu cet artiste incroyable sans le soutien et l’amour indéfectibles de son frère Théo, « l’autre Van Gogh » (1er mai 1857 – 25 janvier 1891) ? Si la question demeure ouverte, nul doute que l’attention constante de Théo joua un rôle essentiel dans la vie du peintre, comme en témoigne cette lettre fraternelle empreinte de tendresse.

A-A+

23 avril 1890

Ton silence nous prouve que tu souffres toujours, et j’ai besoin de te dire, mon cher frère, que Jo et moi nous souffrons aussi te sachant toujours malade. (…)

Tu sentiras qu’il pourra te faire du bien de causer avec moi, tu me feras signe et j’accours tout de suite. La semaine dernière, c’est déjà un an que je suis marié. Comme le temps passe vite. Nous avons toute raison d’être satisfaits de cette année. Je n’oublie pas que tu as insisté pour que je me marie et tu as vu juste, car je me sens bien plus heureux. C’est vrai que ma chère femme n’est pas tout le monde et que j’ai eu une chance énorme en la trouvant. Nous nous entendons très bien et notre intérieur est très agréable. Le petit donne à Jo surtout beaucoup de travail, mais il pousse étonnamment. Il est de nature nerveuse, mais très doux.

theovangoghbio

( Marie-Angélique Ozanne et Frédérique de Jode, L'Autre Van Gogh. Une biographie de Théo Van Gogh, Olbia, Regard sur l'art, 1999. ) - (Source image : Theo Van Gogh en 1888 © Wikimedia Commons / Van Gogh, Self-Portrait, September 1889. Musée d'Orsay, Paris)
Pour recevoir plus de lettres, cliquez ici.

les articles similaires :