Lettre de Vincent Van Gogh à son frère Théo

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Dans un tableau, je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique.

Exalté par le bouillonnement artistique de la capitale française, le peintre Van Gogh renouvelle sa conception de la peinture au contact des artistes révolutionnaires qu’il est amené à côtoyer : Toulouse-Lautrec, Seurat, Pissarro ou encore Gauguin. Lors de son séjour chez son frère rue Lepic, il parvient à revitaliser sa peinture et livre notamment une superbe série représentant les toits de Paris. Cette lettre, adressée à son frère, permet de découvrir le peintre exalté par la vie parisienne, et se livrant sur sa peinture alors en plein renouvellement.

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3 septembre 1888

Je puis bien, dans la vie et dans la peinture, me passer du Bon Dieu. Mais je ne puis pas, moi, soufrant, me passer de quelque chose qui est plus grand que moi, qui est ma vie : la puissance de créer […]

Et dans un tableau, je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d’éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations […]

Ah ! le portrait, le portrait avec la pensée, l’âme du modèle […]

Exprimer la pensée par le rayonnement d’un ton clair sur un fond sombre.

Exprimer l’espérance par quelque étoile. L’ardeur d’un être par un rayonnement de soleil couchant. Ce n’est certes pas là du trompe-l’œil réaliste, mais n’est-ce pas une chose réellement existante ?

( Linda de Villeneuve, Paysage Mythe et Territorialite Charlevoix au Xixe Siecle pour une Nouvelle Approche du Paysage, Laval, éd. Les Presses de l'Université Laval, 2011, p. 131-132. ) - (Source image : Vincent van Gogh, Self Portrait with felt Hat, 1887–1888, Musée Van Gogh, © Wikimedia Commons / Vincent van Gogh, Portrait of Theo van Gogh, 1887, Musée Van Gogh, © Wikimedia Commons)
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