Lettre de William Patrick Hitler à Franklin D. Roosevelt

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J'ai ma vie à offrir.

Si pour la postérité, le nom d’Hitler sera à jamais associé à la plus infâme, la plus vile et innommable atrocité que l’humanité aie jamais connu, l’histoire retiendra aussi qu’il y eu au moins un Hitler qui lutta pour la liberté et contre le despotisme et le ressentiment. En 1942, William Patrick Hitler, neveu du Führer exilé aux USA, adresse au Président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt, une lettre exposant sa situation insolite : résident américain, fervent défenseur de l’éthique démocratique et de la liberté des peuples, ses origines familiales, inscrites dans son patronyme, lui interdisent d’être enrôlé dans les Armées Alliées. Lettre efficace et déterminante car, fort de l’appui du Président Américain et du directeur du FBI, J. Edgar Hoover, il put rejoindre l’U.S Navy en 1944 et prouver la valeur de son engagement jusqu’en 1947 où, blessé, il revint à la vie civile.

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3 mars 1942

Son Excellence, Franklin D. Roosevelt
Président des Etats-Unis d’Amérique
La Maison Blanche
Washington D.C

Cher Monsieur le Président

Puis-je prendre la liberté d’envahir votre temps si précieux et celui de votre équipe à la Maison Blanche ? Conscient des jours cruciaux que la nation traverse aujourd’hui, je m’y autorise parce que seule la prérogative de votre haute fonction peut décider de ma difficile et singulière situation.

Permettez moi d’exposer le plus brièvement possible les circonstances de ma situation, dont je pressens qu’une solution pourrait très aisément être trouvée, si vous vous sentiez disposé à apporter votre aimable intervention et votre arbitrage.

Je suis le neveu et le seul descendant du mal nommé Chancelier et Chef de l’Allemagne qui cherche aujourd’hui si despotiquement à asservir les peuples libres et chrétiens de la planète.

Sous votre impérieux commandement, des hommes de toutes croyances et nationalités mènent une guerre désespérée afin de déterminer, en dernier lieu, s’ils devront finalement servir et vivre au sein d’une société éthique guidée par Dieu, ou bien devenir les esclaves d’un régime païen et démoniaque.

Chacun dans le monde, doit à présent décider en lui-même quelle cause il va défendre. Pour des personnes libres, inspirées par un profond sentiment religieux, il n’y a qu’une réponse possible, qu’un seul choix, qui peut les animer toujours et jusqu’au bout.

Je ne suis qu’un individu parmi tant d’autres, mais je peux défendre cette grande cause et j’ai ma vie à offrir, ce qui pourrait, avec le concours de tous, triompher à la fin.

Mes parents et mes proches s’engageront tous bientôt pour la liberté et la morale, sous la bannière étoilée. Pour cette raison, Monsieur le Président, je vous soumets respectueusement cette requête pour m’enquérir de la possibilité de les rejoindre dans leur lutte contre la tyrannie et l’oppression.

Aujourd’hui, cela m’est présentement refusé car lorsque j’ai fui le Reich en 1939 j’étais alors un sujet Britannique. Je vins en Amérique avec ma mère Irlandaise essentiellement pour y rejoindre ma famille. Au même moment, on me proposa un contrat pour écrire et donner des conférences aux Etats-Unis mais la pression était telle que je n’ai pas eu le temps de postuler à un visa. Il me fallut donc venir en tant que visiteur.

J’ai tenté de rejoindre les forces Britanniques, mais le succès de mes lectures fit de moi probablement l’un des conférenciers politiques les plus suivis, la police devant fréquemment contrôler la foule voulant y assister à Boston, Chicago et bien d’autres villes. Cela suscita, chez les officiels Britanniques, une aversion à y donner suite.

Les Britanniques sont un peuple insulaire et bien qu’ils soient aimables et courtois, j’ai l’impression, peut être à tort, qu’ils ne sauraient vraiment être trop cordiaux ou sympathiques envers un individu portant le nom que j’endure. La dépense onéreuse que la procédure légale anglaise exige pour que je puisse changer de nom ne m’est pas envisageable, au vu de mes moyens financiers. Parallèlement je ne suis pas parvenu à déterminer si l’Armée Canadienne pourrait faciliter mon incorporation au sein de leurs forces armées. Telle que les choses se présentent actuellement, et manquant d’une quelconque aide officielle, j’estime que d’essayer de s’enrôler en tant que neveu d’Hitler est une tache demandant une étrange forme de courage que je suis incapable de rassembler, étant dépourvu de toute aide ou soutien officiel.

Quant à mon intégrité, Monsieur le Président, je peux seulement vous dire qu’il y va de mon accomplissement et j’ose la comparer un peu à l’esprit clairvoyant avec lequel vous avez, avec toutes sortes d’ingéniosités politiques, arraché au Congrès Américain ces armes qui sont aujourd’hui, en ces temps de crise, la grande défense de la Nation. Je peux également affirmer qu’en cette époque de grande complaisance et d’ignorance j’ai tenté de faire en tant que chrétien ce qui me semblait être juste. Comme fugitif de la Gestapo, j’ai alerté la France grâce à la presse, qu’Hitler les envahirait cette année. J’ai prévenu le peuple anglais par le même biais que la prétendue                 « solution » de Munich était un mythe qui allait impliquer de terribles conséquences. A mon arrivée en Amérique j’ai immédiatement informé la presse qu’Hitler lâchera, cette année, son Frankenstein sur la civilisation. Même si personne n’a prêté attention à mes dires, j’ai continué mes lectures et mes écrits en Amérique. Le temps des paroles et des écrits s’achève désormais et je ne considère plus que l’immense dette que, ma mère et moi, devons au Etats-Unis. J’aimerais plus que tout connaître le combat actif au plus vite et ainsi être accepté par mes amis et camarades comme l’un d’entre eux dans cette immense lutte pour la liberté.

Votre arbitrage favorable à mon appel suffirait à lui seul à assurer la continuité de cet esprit bienveillant du peuple américain, auquel je me sens véritablement lié aujourd’hui. Je vous assure respectueusement, Monsieur le Président, que, comme par le passé, je ferai de mon mieux à l’avenir pour être digne de ce grand honneur. Je sollicite votre aimable assistance, sûr que mes efforts au nom des grands principes démocratiques sauront, par rapport aux activités de nombreux individus qui pendant longtemps ont été indignes de l’immense privilège de s’appeler Américains, soutenir une comparaison au moins favorable. Puis-je par conséquent, oser espérer, M. le Président, que dans la tourmente de ce vaste conflit, vous n’allez pas rejeter mon appel pour des raisons auxquels je suis complément étranger ?

Il n’y aurait aujourd’hui pas d’honneur plus grand, M. le Président, que d’avoir vécu et de vous avoir servi, vous qui avez affranchi le peuple américain du besoin, et aucun privilège plus appréciable que de sacrifier et d’avoir eu un rôle mineur dans l’attribution du titre de plus grand Libérateur des souffrances humaines, que vous porterez pour longtemps dans l’histoire politique.

Je serais très heureux de vous donner toute l’information complémentaire que vous désirez et je me permets de joindre une circulaire contenant des détails à mon sujet.

Permettez moi, M. le Président, de vous adresser mes sincères vœux bienveillants pour votre santé et votre bien-être futur, et d’exprimer l’espoir que vous dirigerez bientôt tous les hommes qui croient en la morale vers une glorieuse victoire.

Je suis
Très respectueusement votre,
Patrick Hitler

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