Lettre d’Edith Piaf à Marcel Cerdan

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Mon amour, tu ne pourras jamais imaginer avec quelle force je t'aime.

La passion qui unissait la chanteuse Edith Piaf et le boxeur Marcel Cerdan fut l’une des plus éclatantes et des plus célèbres du XXè siècle. Véritable mythe national, Edith rencontre Marcel en 1948, alors qu’elle est en tournée à New York, et entame la plus grande histoire d’amour de sa vie. Mais le bonheur sera de courte durée : l’année suivante, le 28 octobre 1949, Marcel Cerdan meurt dans un accident d’avion, laissant Edith seule en proie au désespoir – et chantera Hymne à l’amour en sa mémoire. Cette lettre est un témoignage de leur idylle flamboyante mais éphémère, l’instant figé d’une « vie en rose »…

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27 mai 1949

Mon Seigneur que j’aime,

Je reviens de Télé Paris, et les gens étaient sidérés d’entendre ma voix, toutes les petites copines m’avaient déjà enterrée. J’ai eu tour à tour une angine tuberculeuse, décalcification de la moelle épinière, un odule. Enfin, on m’a attribué toutes les maladies, navrée vraiment de les décevoir mais ma voix est là et bien là ! Je t’en raconterai de bonnes en ce qui me concerne. Roberta a dit à un journaliste en Egypte ceci : « Pauvre Piaf, elle ne chantera plus jamais, elle a une angine tuberculeuse. » Elle a dit ça, paraît-il, avec une joie sadique, c’est un journaliste qui l’a écrit à Loulou tant il était scandalisé. D’ailleurs j’ai la lettre et te la ferai voir. Tu comprends pourquoi j’ai eu, un jour, une telle réaction quand j’ai cru comprendre que c’était elle la dame de « Pigalle », vraiment, c’est une méchante femme. Enfin, le principal est que ma voix va bien mais il y a une chose qui compte encore plus pour moi, c’est ton amour. Ça, j’y tiens plus que tout au monde, chéri. Cette nuit, je ne pouvais dormir tant tu étais présent à ma mémoire, c’était si fort comme impression que j’avais la nette sensation que je n’avais qu’à étendre ma main pour te sentir là tout près. Mon amour, tu ne pourras jamais imaginer avec quelle force je t’aime. Dieu que je t’aime, mon adoré ! Je voudrais me mettre à tes genoux et passer mon temps à t’admirer, à te servir, à t’aimer, à n’être qu’à toi et n’avoir que toi devant mes yeux, ne toucher que toi, ne vivre que par toi que j’aime, toi mon amour. Moi.

Edith Piaf.

( Edith Piaf, Marcel Cerdan, Moi pour toi - Lettres d'amour, Le Cherche midi, 2002 ; Image : Photo12/France-Soir )
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