Lettre d’Ernest Hemingway à Howell Jenkins

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Paris est froid et humide mais plein de monde, agréable et très beau.

Ernest Hemingway (21 juillet 1899-2 juillet 1961), écrivain et journaliste américain, découvrit les abords de la ville des Lumières en 192. Le 22 décembre 1921il arrive avec sa femme Hadley à l’hôtel Jacob, au 44 rue Jacob. Quatre jours après son arrivée, il dresse à son ami Howell Jenkins, le portrait d’une ville froide, mais amicale, pleine de surprises, belle et surtout, très bon marché. Regard neuf d’un américain à Paris !

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26 décembre 1921

Cher Carpative,

Joyeux Noël et Multi Grazie pour le cache-nez. Bones et moi sommes logés dans cette hôtellerie de la Rive Gauche du fleuve juste en arrière des Beaux Arts et sommes en bonne forme.

Notre chambre ressemble à une belle boutique de Spiritueux — Rhum, Asti Spumante et Vermouth Cinzano occupent entièrement un rayon. Je brasse un punch au rhum qui t’engeôlerait.

La vie est très bon marché. 12 francs la chambre d’hôtel et on a 12 francs 61 pour un dollar. Un repas pour deux coûte environ 12-14 francs. ­— environ 50 cents par personne. Le vin 60 centimes. Du bon Pinard. Je trouve du rhum à 12 francs la bouteille. Vive la France.

Pas grand-chose à raconter. Paris est froid et humide mais plein de monde, agréable et très beau. Des braseros de charbon de bois à la terrasse de tous les cafés et tout le monde en bonne forme.

Bones et moi allons acheter une moto avec side-car et nous en aller à tous les diables et parcourir toute l’Europe l’été prochain.

Écris à un mâle. Mes amitiés au Ghee et à Dirty Dick.

Sempre,

Steen.

( ) - (Source image : Hemingway posing for a dust jacket photo by Lloyd Arnold for the first edition of "For Whom the Bell Tolls", at the Sun Valley Lodge, Idaho, late 1939.)
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