Lettre du lieutenant Kuribayashi au Quartier général impérial

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Mes troupes luttent avec un courage à faire trembler ciel et terre.

Le 2 septembre 1945, le Japon rendait les armes et capitulait : la Seconde Guerre Mondiale prenait fin ! Pour le pays du soleil levant, cela faisait suite, non seulement aux bombardements nucléaires, mais à des guerres sanglantes auxquelles les soldats japonais ont du faire face avec leur fameux esprit de sacrifice. En témoigne cette lettre du lieutenant Kuribayashi, commandant en chef lors de la terrible bataille d’Iwo Jima qui donnera lieu au film de Clint Eastwood, Lettres d’Iwo-Jima.

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mars 1945

La bataille est entrée dans sa phase finale. Depuis la première offensive ennemie, mes troupes luttent avec un courage à faire trembler ciel et terre. Face aux attaques terrestres, maritimes et aériennes de l’ennemi dont la supériorité matérielle dépasse même ce que nous avions imaginé, et bien qu’ils se battent pour ainsi dire à mains nues, mes hommes ont vaillamment poursuivi le combat, et j’en retire une certaine satisfaction.
Hélas, sous les attaques violentes et continues de l’ennemi, ils sont tombés les uns après les autres et, dans l’impossibilité de répondre aux attentes de l’Empereur, je n’ai d’autre choix que d’abandonner ce territoire stratégique aux mains de l’ennemi ; je vous l’annonce à mon grand regret et vous présente mes plus profondes excuses.
Nos réserves de munitions et d’eau épuisées, nous nous préparerons tous ensemble à l’assaut final dans lequel nous nous lancerons à corps perdu et sans le moindre regret, avec une entière dévotion à l’Empereur.
Je sais que notre patrie ne connaîtra pas le repos tant que cette île ne sera pas reconquise et je jure que, même après ma mort, je continuerai à espérer que la victoire reviendra à l’armée impériale.
Au moment de l’ultime assaut, je vous assure une nouvelle fois de mon dévouement, et en priant ardemment pour la victoire et la sûreté de l’Empire, je vous adresse mes adieux éternels.

Tadamichi Kuribayashi

Lourde mission pour la patrie inaccomplie, munitions totalement épuisées, quelle triste fin au champ d’honneur.
Je ne me laisserai pas ensevelir sans prendre ma revanche, sept fois je renaîtrai pour reprendre les armes.
Ile envahie par les mauvaises herbes, l’avenir de l’Empire occupe mon esprit.

( Kumiko Kakehashi, Lettres d'Iwo Jima - La plus violente bataille du Pacifique racontée par les soldats japonais ; Image : "Letters from Iwo Jima", © Corbis )
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