Lettre d’un Poilu à sa femme

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C’était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu’on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit.

Il y a près d’un siècle, c’est dans les tranchées que beaucoup de gens célébraient Noël. Alors que l’Europe n’en était qu’aux prémices d’un des conflits les plus sanglants du XXème siècle, les différents adversaires décidèrent tout de même d’interrompre les combats pour le réveillon. Cette lettre de Gustave Berthier le raconte et offre ainsi une voix à toutes celles qui se sont éteintes.

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28 décembre 1914

Le 28 décembre 1914.

Ma bien chère Alice,

Nous sommes de nouveau en réserve pour quatre jours, au village des Brebis. […] Quatre jours aux tranchées, quatre jours en réserve. Nos quatre jours de tranchées ont été pénibles à cause du froid et il a gelé dur, mais les Boches nous ont bien laissés tranquilles. Le jour de Noël, ils nous ont fait signe et nous ont fait savoir qu’ils voulaient nous parler. C’est moi qui me suis rendu à trois ou quatre mètres de leur tranchée d’où ils étaient sortis au nombre de trois pour leur parler.

Je résume la conversation que j’ai du répéter peut être deux cents fois depuis à tous les curieux. C’était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu’on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit, eux-mêmes affirmant qu’ils ne tireraient pas un seul coup. Ils étaient fatigués de faire la guerre, disaient-ils, étaient mariés comme moi (ils avaient vu ma bague), n’en voulaient pas aux Français mais aux Anglais. Ils me passèrent un paquet de cigares, une boîte de cigarettes bouts dorés, je leur glissai « Le Petit Parisien » en échange d’un journal allemand et je rentrai dans la tranchée française où je fus vite dévalisé de mon tabac boche.

Nos voisins d’en face tinrent mieux leur parole que nous. Pas un coup de fusil. […] Le lendemain, ils purent s’apercevoir que ce n’était plus Noël, l’artillerie leur envoya quelques obus bien sentis en plein dans leur tranchée.

Fais part de mes amitiés à tous et à toi, mes plus affectueux baisers.

( Texte : Jean-Pierre Guéno, Paroles de Poilus, Librio, Document ; Image : Collection particulière )
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Un commentaire

  1. Bomberman Atomique

    bonjour en tan que porte drapeaux des medaillé militaire de la 1302eme section et ancien opex j organise une mise en scene sur la lecture des lettres de nos soldat pour en marquer l anniversaire d une part la durté et pour finir ne jamais oublier ces combat et c mort c que vous faite na pas de mot pour definir l imence tache et la tristesse que vous devait rencontrait en lisant de telle histoire jai un profond respet pour touts les gens qui oeuvres pour notre histoire de france comme dit notre grand patrie vive la france et honneur a tout ceux qui sont mort pour notre liberté

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