Lettres de Gandhi et Léon Tolstoï

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La résistance passive est d'une importance capitale, non seulement pour l'Inde, mais pour l'humanité entière.

En 1909, le grand romancier russe Léon Tolstoï, alors âgé de 80 ans, reçoit une lettre d’une jeune avocat indien du nom de Gandhi. À cette époque, ce dernier lutte pour les droits de ses compatriotes exploités en Afrique du Sud, les « coolies » (appelés en renfort par les Anglais au Transvaal après l’abolition de l’esclavage). Gandhi a découvert l’œuvre de Tolstoï alors qu’il était en voyage à Londres. C’est au contact des essais de Tolstoï et grâce à leur parenté spirituelle que le père de l’Inde moderne affirme son idéologie politique naissante.

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date non indiquée

Au Comte Léon Tolstoï
Iassnaïa Poliana
Russie

Dear Sir,

Peut-être vous souviendrez-vous que je vous ai écrit durant mon bref séjour à Londres ? C’est en modeste disciple que je vous adresse par le même courrier que cette lettre un livre dont je suis l’auteur.

Je l’avais écrit en langue gujarati et l’ai traduit moi-même. Il faut savoir que l’original a été saisi par le gouvernement hindou. Je me suis hâté d’en faire paraître la traduction.

Je me sens confus de vous importuner, mais si votre santé vous le permet, et si vous avez le temps d’examiner mon ouvrage, inutile de vous dire que j’apprécierai hautement votre critique de mes pages.

Je vous envoie aussi quelques exemplaires de votre Lettre à un hindou que vous m’aviez autorisé à publier. Cette lettre a été, elle aussi, traduite dans une des langues de l’Inde.

Votre humble serviteur.

M. K. Gandhi

***

Après avoir reçu cette lettre, à laquelle était jointe un exemplaire de la brochure Indian Home Rule, Tolstoï répond à Gandhi :

Cher Ami,

Je viens de recevoir votre lettre et votre livre Indian Home Rule : Loi de l’autonomie de l’Inde.

J’ai lu votre ouvrage avec un très vif intérêt, car je pense que le problème dont vous traitez dans vos pages — la résistance passive — est d’une importance capitale, non seulement pour l’Inde, mais pour l’humanité entière.

Je ne retrouve pas votre première lettre, mais j’ai lu avec passion votre biographie de Doke : elle m’a permis de mieux vous connaître et de vous comprendre.

Encore en convalescence actuellement, je suis contraint de faire un effort pour ne pas vous écrire tout ce que j’aurais à vous dire au sujet de ce livre et de toute votre activité que j’admire. Je le ferai dès que j’irai mieux.

Votre ami et votre frère,

Léon Tolstoï

 

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