Lettres de protestation morale de Pétain 

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Les persécutions religieuses des racistes d'Allemagne soulèvent dans le monde civilisé une émotion croissante.

Le maréchal Pétain est décédé le 23 juillet 1951, à l’île d’Yeu où il était assigné à résidence. Du héros de la première guerre mondiale au chef de gouvernement de Vichy, et aux heures les plus sombres de la collaboration avec l’occupant nazi, son destin bascule de l’honneur à la honte et l’ignominie. Deux lettres le reflètent : en 1938, après la Nuit de Cristal, une vive protestation morale et, après la guerre, une interrogation sur sa trace post-mortem dans l’histoire. Pièces à conviction d’un épisode historique encore obscur.

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16 novembre 1938

Une protestation morale

Les persécutions religieuses des racistes d’Allemagne soulèvent dans le monde civilisé une émotion croissante. Le Pape, qui est assurément, en dehors même de l’Eglise catholique, l’interprète le plus éminent de la conscience universelle, a fait entendre sa protestation.

La proscription globale d’une religion ou d’un peuple ne peut se comprendre, encore moins se justifier, à une époque où la liberté de conscience et l’égalité devant la loi sont des principes proclamés dans tous les pays. C’est pourquoi l’attitude d’un grand Etat, qui se flatte d’être un modèle d’ordre et de discipline, est un sujet de grande tristesse et de réprobation. Allons-nous retourner aux heures les plus sombres de la barbarie ? Allons-nous revoir des troupeaux errants de sans-patrie, dépouillés de leurs ressources, chassés de leurs foyers séculaires et arrêtés à toutes les frontières ? Une protestation morale contre de telles pratiques, qui ne sont qu’un aboutissement après une longue préméditation, n’est pas un remède, mais elle peut être la préface d’une action générale pour en conjurer ou en atténuer les pires effets.

Philippe Pétain.

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